vendredi 12 septembre 2014

Réquisition avortée, convention signée

Dans la nuit du 10 au 11 septembre, nous avons officialisé l'occupation d'un bâtiment de France Télécom, situé  3 rue du Patis des Couasnes à StJacques, et vacant depuis plusieurs années. 
 

En rencontrant les propriétaires, nous avons découvert que le bien avait été vendu à l'ADAPEI 35, association pour la défense des personnes porteuses de handicap mental.
Les premiers contacts avec l'ADAPEI ont été difficiles, leurs représentants nous reprochant de nous en prendre aux intérêts des personnes handicapés. Nous avons essayé de leur expliquer la situation.
Nous avons alors été confronté à une situation inédite : la police a bloqué l'accès au site, ne laissant plus personne entrer ni sortir !

En fin d'après midi, les représentants de l'ADAPEI sont revenus et nous avons réussi à discuter sereinement avec eux pour trouver un terrain d'entente. Entre associations à vocation sociale, nous avons trouvé un accord amiable sous forme de convention : une mise à l'abri dans un bâtiment voisin pour 10 jours, jusqu'au lundi 22 septembre au matin pour 40 personnes. Malgré une prise de contact imposée et conflictuelle, l'ADAPEI nous aide aujourd'hui matériellement à installer les migrants pour 10 jours dans les meilleurs conditions et nous les remercions.

Un répit pour quelques familles. Cependant, les candidats étaient nombreux et ceux qui n'ont pu être hébergés sont retournés à la rue. Pour eux, la déception est rude !
 
 

mardi 2 septembre 2014

Evacuation du campement de Cleunay

Comme nous l'avions préalablement annoncé avant les vacances, une cinquantaine de migrants ont été contraints de passer l'été dans un campement précaire installé à Cleunay le 11 juillet.
Nous espérions ainsi offrir un refuge aux familles à la rue, tout en interpellant les pouvoirs publics sur leurs obligations légales. Cependant toutes nos propositions ont été rejetées, alors même que le campement avait subi des menaces racistes dans la nuit du 2 août. La mairie de Rennes a refusé de signer une convention nous permettant, à minima, d'héberger et de protéger les migrants sur le camping municipal, pourtant à moitié vide.
La seule réponse municipale face à cette situation d'urgence a été une procédure au TA pour en demander l'expulsion. Parmi les raisons invoquées : trouble à l'ordre public justifié par les menaces racistes dont les migrants furent victimes !

Toutefois, suite à nos pressions conjointes avec les élus de la liste "Changez la ville" (Front de Gauche et Verts), la municipalité rennaise a accepté d'héberger à l'hôtel 6 familles avec enfants, la condition expresse étant qu'elles n'aient pas d'OQTF (obligation à quitter le territoire), excluant ainsi les plus vulnérables. Ces familles ont ensuite dû se présenter quotidiennement à la mairie pour obtenir une seule nuit d'hôtel. Depuis le 28 août, les nuitées d'hébergements sont dorénavant attribuées à la semaine.
Le TA ayant rendu sa décision, le campement devait être évacué au matin du 1er septembre. Le week-end dernier a donc été largement consacré au démontage, grâce à l'aide des sympathisants et aux voisins solidaires qui ont assuré sur place leur soutien matériel et moral.

Afin d'éviter les risques d'arrestation lors de l'évacuation, 19 personnes (parmi lesquelles des enfants) ont été mises à l'abri dimanche soir, grâce à une large mobilisation citoyenne d'hébergement solidaire.

Seuls 7 migrants en « situation régulière » ont passé la dernière nuit sur le campement. La Ville de Rennes a finalement renoncé à faire intervenir les forces de l'ordre et nous avons décidé de plier les dernières tentes, après avoir obtenu la garantie que les 7 personnes seraient relogées.

A 18 h un rassemblement était organisé devant la mairie pour rappeler que toute personne en situation de détresse, quelle que soit sa situation administrative ou familiale, doit être mise à l'abri. Toutes les familles ont finalement obtenu un hébergement de 3 nuits, les célibataires étant une nouvelle fois exclus de toutes propositions de relogement.

Comme l'État, la Ville de Rennes privilégie l'hébergement hôtelier. Nous dénonçons ce choix politique dispendieux. Nous continuons à réclamer la mise en place de conventions d'occupation sur des bâtiments publics vacants, comme nous l'avons fait dernièrement avec le secours-catholique, afin d'assurer un relogement pérenne et un « lieu de vie » adapté aux migrants : possibilité de se poser en journée, de cuisiner, de recréer un « chez soi ».

Aujourd'hui le front national doit être satisfait, lui qui ,dans un tract infâme distribué à Cleunay, soutenait la demande d'expulsion du campement impulsée par la mairie. Mais il y a aussi d'autres citoyens chez qui la colère gronde et qui sont bien décidés à continuer de faire vivre l'humanisme et la solidarité qui les animent.

Faire vivre la solidarité, ce n'est pas demander aux citoyens d'assumer intégralement la charge des carences publiques en les incitant à l'hébergement solidaire, mais exiger des pouvoirs publics qu'ils respectent la loi et utilisent avec discernement l'argent du contribuable.

Signature d'une convention avec le secours-catholique

Au cœur de l'été, alors que toutes les propositions faites par "Un toit, c'est un droit" étaient balayées par la Ville de Rennes, l'association signait une convention avec le secours-catholique de mise à disposition du presbytère de Breteil pour héberger 2 familles géorgiennes, la commune de Breteil s'engageant à prendre à sa charge le coût des fluides.

Les 2 familles géorgiennes devant le presbytère de Breteil

Ce contrat d'occupation à titre précaire est valable 3 mois et renouvelable par tacite reconduction jusqu'au 31 juillet 2015, dans le respect du local mis à disposition.

En espérant que cet exemple inspire d'autres collectivités locales !

mardi 26 août 2014

Décision du TA : Expulsion du campement le Cleunay le 31 août

Il est enjoint aux migrants d'évacuer le terrain de Cleunay avant le 31 août minuit
Passé ce délai, la Ville de Rennes pourra faire procéder d'office à cette évacuation avec le concours de la force publique.

 

Justice à Rennes. Migrants de Cleunay : expulsion le 31 août

 

Le tribunal administratif a tranché en faveur de la Ville de Rennes, mais la juge accorde un délai aux occupants du campement.

L'occupation illégale durait depuis la mi-juillet, dans un jardin public de la rue Champion-de-Cicé, dans le quartier Cleunay à Rennes. Plusieurs dizaines de migrants sans abri s'étaient installés là, sous des tentes, avec le soutien de l'association "Un toit c'est un droit".
Mais jeudi dernier, la Ville de Rennes a assigné les occupants devant le tribunal administratif. Par l'intermédiaire de son avocat, la Ville a demandé l'expulsion, avec recours à la force publique si besoin est. L'avocate des migrants, elle, a demandé un délai jusqu'à début septembre.
La décision est tombée ce lundi comme annoncé. La juge des référés du tribunal ordonne aux 21 migrants encore présents d'évacuer le jardin en question, avant le dimanche 31 août à minuit. Soit 48 heures avant la rentrée scolaire. Passé ce délai, la Ville pourra faire procéder d'office à l'évacuation par la force publique.

Fête de la solidarité Rennais - Migrants

Alors que l'avenir du campement est menacé, un groupe de sympathisants a fait circuler cette invitation pour partager un moment de solidarité et de convivialité avec les migrants :


Fête de la solidarité Rennais-migrants.
« Depuis le 30 juin, soixante migrants sont laissés à la rue à Rennes. Un campement de fortune a été installé depuis le 11 juillet dans des conditions très précaires. »
Vous êtes cordialement invités à passer une après midi détente (jeux de palets, pétanque...) un buffet clôturera la soirée. Les talents culinaires de chacun(e) sont appelés à s’exprimer (tartes, quiches, gâteaux, boissons, …).
N’hésitez pas à venir Dimanche 24 à partir de 16h au campement installé à Cleunay, entre l'école et les jardins familiaux pour la solidarité et le partage.
 
un après-midi très réussi qui a réuni plus de 100 personnes : voisins, amis, militants, citoyens...sont venus apporter leur soutien aux migrants menacés d'expulsion de leur campement de fortune.

jeudi 21 août 2014

La Ville de Rennes demande l'expulsion de Cleunay en urgence !




La Ville de Rennes assigne en référé les migrants de Cleunay devant le TA de Rennes pour demander l'expulsion :

Audience jeudi 21 août à 12 h devant le Tribunal Administratif de Rennes

Selon la Ville de Rennes, "l'occupation litigieuse est de nature à engendrer de graves troubles à l'ordre public". Elle justifie l'urgence à évacuer le campement en relatant l'agression à caractère raciste subie par les migrants !

A titre superfétatoire elle invoque également :

- L'entrave à l'affectation de la parcelle à l'usage public, en produisant un courriel d'une riveraine qui se plaint de ne plus pouvoir s'asseoir sur son banc…

- La salubrité publique car le campement serait non fourni en eau potable, alors que ce sont les services de la Ville de Rennes qui ont permis l'accès à l'eau potable dès le lendemain de l'occupation.

- La consommation excessive d'eau, alors que "Un toit, c'est un droit" avait proposé une convention d'occupation précaire afin d'encadrer l'occupation. 

La Ville de Rennes argue également assurer le relogement des familles avec enfants mineurs, en omettant de préciser que ce dispositif n'a été mis en place qu'après l'agression à caractère raciste et ne s'applique qu'aux familles qui n'ont pas d'OQTF (obligation à quitter le territoire).

La Ville de Rennes demande donc au président du TA d'enjoindre les occupants à quitter le terrain sous 48h et ce, sous astreinte de 150 € par personne et par jour de retard et d'autoriser le recours à la force publique si besoin…

Pas d'expulsion sans relogement !

Venez nombreux soutenir les migrants de Cleunay devant le TA à 12h demain. 
 
 
 
 

Campement des migrants à Cleunay. La justice saisie

 

Le tribunal administratif de Rennes dira lundi s'il expulse ou non les migrants installés dans un jardin public du quartier Cleunay.

La Ville de Rennes avait assigné ce midi, devant le tribunal administratif, les migrants qui occupent illégalement, depuis le mois de juillet, un jardin public du quartier de Cleunay. La Ville demandait leur expulsion, avec une astreinte de 150 euros par jour de retard. Et, en cas de besoin, le recours à la force publique.
Les migrants, de diverses nationalités, sont soutenus par l'association "Un toit c'est un droit". Leur avocate a demandé qu'on leur accorde un sursis jusqu'au 2 septembre, date de la rentrée scolaire. S'agissant d'une procédure en référé, la juge du tribunal administratif de Rennes rendra son ordonnance dès lundi.
L'audience a été suivie par une petite centaine de personnes, les migrants concernés et les militants venus les soutenir.

 Réactions des élus EELV, Ensemble/FdG et PG

COMMUNIQUE DE PRESSE - 21 août 2014

Migrants : dialoguer plutôt qu'expulser

Aujourd'hui les migrants installés sur un campement à Cleunay étaient convoqués au Tribunal Administratif pour une requête en référé demandée par la Ville de Rennes pour leur expulsion du terrain municipal. Alors qu'ils ont été victimes d'une agression et de menaces dans la nuit du 1er au 2 août, un des arguments avancés pour cette requête est le trouble à l'ordre public.
Justifier l'urgence de l'expulsion des migrants sans proposition d'hébergement au prétexte de cette agression est inacceptable. Ce n’est pas l’ordre public mais bien la sécurité des migrants et des militants qui est ici mise à mal.
Tout au long de l'été des solutions ont été formulées par l'association Un toit, c'est un Droit, toutes rejetées par la Mairie. Les élu-e-s écologistes et du Front de Gauche insistent sur le rôle que doivent jouer les responsables municipaux pour assurer la protection des personnes vulnérables. Ils rappellent également qu'il faut s’appuyer sur les associations pour apporter une réponse humaine aux migrants de Cleunay, comme le préconise la circulaire interministérielle du 29 août 2012 relative à l’anticipation et à l’accompagnement des opérations d’évacuation des campements illicites
Alors que la mairie et les associations avaient entamé une réflexion commune sur la question de l’hébergement des migrants, ce recours à la justice pour faire expulser par la force des personnes déjà à la rue, compromet le dialogue et ne règle en rien la situation des migrants localement.

Valérie Faucheux, Présidente du groupe Ensemble FdG à la Ville de Rennes
Françoise Rubion, Présidente du groupe Parti de gauche FdG à la Ville de Rennes
Matthieu Theurier, Président du groupe des élu-e-s écologistes à la Ville de Rennes

jeudi 7 août 2014

Le Préfet s'exprime....

Patrick Strozda : « le droit d’asile est souvent dévoyé et instrumentalisé »


Le Mensuel de Rennes - le 5 août 2014. 

Explication et fermeté. Voilà les deux lignes directrices que s’est fixées Patrick Strzoda, préfet de Bretagne, en s’exprimant ce mardi soir sur le problème des migrants de Cleunay. « Concernant l’agression dont auraient été victimes les migrants, il faut être prudent. A ce stade de l’enquête, rien ne permet de démontrer le caractère raciste de cette agression. Il ressort de la plainte déposée que l’incident relève davantage d’un problème de voisinage provoqué par un rodéo de voitures que de faits racistes. Une enquête est ouverte. Les patrouilles de police seront renforcées dans le quartier. »
L’autre mise au point du préfet concerne l’obligation de l’Etat de garantir le droit au logement. « Nous avons l’obligation de loger les personnes en détresse physique, psychique ou sociale. Or cette notion est évaluée par des travailleurs sociaux. Concernant le camp de migrants de Cleunay, depuis mi-juillet, nous avons déjà relogé cinq familles soit 21 personnes. Six familles n’ont pas été jugées en détresse. Nous avons fait une demande auprès d’autres départements pour loger une famille violente. Enfin, une dernière famille a refusé d’être hébergée au Colombier. Chaque année, les budgets d’aide au logement augmentent. L’an dernier, l’Etat a versé 4 millions d’euros pour les demandeurs d’asile. En France, le droit d’asile est hautement respectable mais il est souvent dévoyé et instrumentalisé politiquement.» 

Par ailleurs, Patrick Strozda a fait savoir qu’à la demande de la mairie de Rennes, une réunion serait organisée en septembre pour rappeler les règles du droit au logement aux associations qui viennent en aide aux sans domicile.



Camp de migrants à Rennes. « Pas d'agression raciste », selon le préfet

 

Un camp de migrants a été visité ce week-end, dans le quartier de Cleunay, créant l’émoi parmi les associations. Pour le préfet,  « il ne s'agit pas d'une agression raciste »

D'après les deux témoins entendus par les services de police, un rodéo nocturne s'est produit près du camp. Les migrants ont demandé aux conducteurs de s'éloigner, une altercation verbale s'en est suivie. « Il s'agit davantage d'un incident de voisinage qui a dégénéré, considère Patrick Strzoda, le préfet, et non d'une agression raciste avec une bande organisée. » Une plainte a été déposée, l'enquête se poursuit.

Cinq familles relogées

Concernant l'obligation de logement, le préfet rappelle qu'elle ne s'applique que pour les personnes en situation de détresse, signalées par les travailleurs sociaux. Dans ce camp de Cleunay, cinq familles, soit vingt-et-une personnes, ont bénéficié d'un hébergement. Six autres n'ont pas été jugées prioritaires. Deux font l'objet de très fortes réserves.

Une table-ronde à la rentrée

En résumé, le préfet a adressé un message de fermeté, en veillant à l'application stricte de la loi. À la demande de la Ville de Rennes, une table-ronde aura lieu à la rentrée, en septembre, avec les associations qui interviennent auprès des migrants, afin de leur rappeler les règles en vigueur.

lundi 4 août 2014

Communiqués suite agression raciste sur le campement de Cleunay

Depuis le 11 juillet une soixantaine de migrants, accompagnés par l'association « Un toit c'est un droit », ont dressé un campement de fortune à  Cleunay, sur un terrain municipal aux abords des jardins familiaux dans l'indifférence générale de la quiétude estivale.

C'est un article paru dans l'édition du 17 juillet du journal Ouest-France, qui a contraint la Ville de Rennes à exprimer sa position face à cette situation sur le domaine public.
« Un toit, c'est un droit » a aussitôt proposé l'établissement d'une convention permettant de s'installer sur le camping municipal dans des conditions sanitaires plus décentes.
Réponse de la mairie : Mise en œuvre d'une procédure d'expulsion et fin de non-recevoir.

Nathalie Appéré a t-elle oublié sa belle déclaration selon laquelle « il n'y aurait pas d'enfants à la rue à Rennes » ou considère-t-elle que le terme enfant ne s'applique qu'à ceux qui dont les parents sont en situation régulière, les autres n'étant que des indésirables ?
En effet, seules les familles vivant légalement sur le territoire avec de jeunes enfants bénéficient ponctuellement de quelques nuitées d'hôtel.

Côté préfecture, c'est toujours le silence. Aucune déclaration officielle face à cette situation qui relève pourtant de la compétence de l'État.

Comme si ça n'était pas suffisamment difficile à vivre, une nouvelle menace est intervenue dans la nuit du 2 août : 8 individus armés de barres de fer et de chaînes ont semé la terreur dans le campement par 2 fois. Après avoir proféré des insultes racistes envers les migrants et renversé leurs maigres réserves alimentaires, ils ont pris la fuite en promettant de revenir. Un dépôt de plainte a été déposé pour « menaces avec arme en raison de la race ».

60 personnes, dont une vingtaine d'enfants et 3 femmes enceintes, contraints d'occuper illégalement un terrain dans des conditions très précaires, vivent maintenant dans l'angoisse de voir revenir une bande d'individus haineux.
A Rennes comme à Calais, les autorités, à force de stigmatiser les migrants et leurs soutiens ont donné à certains extrémistes fanatiques l'idée que leur haine est légitime.

Face à cet acte odieux, « Un toit, c'est un droit » renouvelle sa demande à la Ville de Rennes de pouvoir accueillir les migrants sur le camping municipal des Gayeulles dans des conditions plus dignes et plus sécurisées, en attendant de trouver des solutions plus pérennes.



« Un toit, c'est un droit » - Rennes le lundi 4 août 2014.

Rassemblement de soutien aux migrants sur le campement de Cleunay le 2 août 

 
Communiqué du MRAP Ille et Vilaine

Cleunay et les migrants : Jusqu'où peut aller la haine ?

Le MRAP s’indigne des incidents violents qui se sont produits dans la nuit du 1er  au 2 août et dont ont été victimes les migrants qui ont planté des tentes derrière l’école Champion de Cicé à Cleunay.
Par deux fois, des individus – 3, puis 7 hommes - ont « visité » leur campement de fortune en frappant sur leurs tentes avec des objets métalliques, en proférant des injures à caractère raciste et en jetant au sol leurs maigres provisions alimentaires. En menaçant aussi de revenir !

Une plainte a été déposée. Le MRAP Ille et Vilaine saisira le procureur de la République pour qu’une enquête sérieuse soit menée et des poursuites engagées envers les coupables. 

Après les injures racistes, le passage à l’acte et les violences physiques : le MRAP s’inquiète qu’une telle dérive se manifeste à Rennes. C’est hélas ! la prévisible évolution d’un discours de stigmatisation qui s’est intensifié contre les migrants ces dernières années jusqu’au plus haut niveau de l’État. Le passage à la haine et à la violence en découle quasi inévitablement.

Sans solution d’hébergement, l’indifférence et l’impéritie de la Préfecture comme de la Ville de Rennes ont contraint cette soixantaine de migrants, hommes, femmes et enfants, à recourir à cette installation de fortune avec le soutien de l’Association Un toit c’est un droit. 
Ce n’est pas faute d’avoir alerté les autorités : même un hébergement sur le Camping des Gayeulles a été refusé par la Ville.
Attend-on qu’il y ait des blessés pour enfin leur accorder un hébergement décent et la sécurité dont ils croyaient pouvoir enfin trouver en France ?

Rennes. L’émotion après l’agression nocturne d’un camp de migrants

 

Ce week-end, des migrants ont été agressés dans leur campement à Rennes, dans le quartier de Cleunay. Plusieurs associations s’indignent.

Dans la nuit de vendredi à samedi, vers 3 h du matin, « des individus (trois, puis sept hommes) ont fait irruption par deux fois dans leur campement de fortune, en frappant sur leurs tentes avec des objets métalliques, en proférant des injures à caractère raciste et en jetant au sol leurs maigres provisions alimentaires. En menaçant aussi de revenir », décrit le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap), qui s'est rendu sur place le lendemain, avec le collectif Un toit, c'est un droit.

Une plainte déposée

Pas de blessé, ni de dégâts, mais la soixantaine de personnes qui dort là sous des toiles de tente vit désormais dans la peur. Une plainte a été déposée. Le Mrap Ille-et-Vilaine prévoit de saisir le procureur de la République « pour qu'une enquête sérieuse soit menée et des poursuites engagées envers les coupables. »
Le Collectif antifasciste rennais s'indigne également, en regrettant le « tournant notable » de la politique migratoire en France.



Dans la nuit du 1er au 2 août à Rennes, la soixantaine de migrants campeurs regroupés à Cleunay - faute d'autre solution d'hébergement - a subi les assauts de huit individus armés de chaînes de métal. L'agression nocturne s'est voulue spectaculaire (rodéos de voitures, saccages). Elle a été explicitement raciste.
Les élus rennais d'EELV et du Front de Gauche s'indignent devant cette violence, cette lâcheté insupportable.
Depuis trop longtemps victimes de l'indifférence de l'État qui n'assure pas son devoir d'accueil et d'hébergement digne, ces personnes migrantes subissent désormais l'hostilité de Français haineux constitués en groupuscules défiant l'état de droit.

Si le logement des personnes migrantes est compétence d'État la violence exercée à l'encontre de plus vulnérables doit inquiéter une municipalité de Gauche. La Ville doit prendre ses responsabilités et doit agir comme d'autres villes l'ont fait (Grenoble, Bourg-en Bresse). A défaut, ce type d’incident grave se reproduira avec potentiellement des issues dramatiques. Nous encourageons à l'ouverture d'un dialogue avec les militants des organisations et associations qui soutiennent les migrants afin de prendre très rapidement des décisions claires et efficaces, pour la mise à l'abri de ces familles.

 Les élus des groupes Les Ecologistes, d'Ensemble et du Parti de Gauche




dimanche 3 août 2014

Agression raciste sur le campement de Cleunay

Dans la nuit du 2 août, les migrants qui ont trouvé refuge sur le campement de Cleunay ont subi une agression raciste : 8 individus armés de barres de fer et de chaînes ont semé la terreur auprès des migrants par 2 fois. Après avoir propagé des insultes racistes et renversé les maigres réserves alimentaires, ils ont pris la fuite en promettant de revenir.
 
Face à cet acte odieux, un rassemblement de soutien a été organisé sur le campement à 18h.

Rennes. Des migrants agressés dans leur campement de fortune

 

Un rassemblement de soutien s’est déroulé spontanément ce samedi soir, à Cleunay. Des migrants affirment avoir été victimes d’une agression raciste la nuit dernière.

Dans la nuit de vendredi à samedi, vers 3 h du matin, les migrants racontent avoir été agressés dans leur un camp de toiles de tente, derrière l'école Champion-de-Cicé.
« Des individus armés de chaînes ont semé la terreur par deux fois, expliquent les militants du collectif Un toit, c'est un droit, présents sur place avec le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap). Après avoir proféré des insultes racistes, ils ont renversé leurs maigres réserves alimentaires, puis ils ont pris la fuite en promettant de revenir. »
Plusieurs migrants se sont rendus hier à l'hôtel de police pour déposer plainte. Pour l'instant, les auteurs n'ont pas été identifiés. Des militants se relaient la nuit pour éviter une nouvelle intrusion. Ils réclament auprès de la mairie une prise en charge au camping municipal des Gayeulles, avec de meilleures conditions sanitaires et de la sécurité.
 

dimanche 27 juillet 2014

Une cinquantaine de migrants installés dans des tentes à Rennes (France 3)

A défaut de logements, des migrants sont actuellement une cinquantaine dans un campement de fortune, au sud de Rennes. Beaucoup d'enfants et deux femmes enceintes, qui sont installés dans des tentes, sans eau ni toilettes, depuis le 11 juillet.
  • Leïla Marchand
  • Publié le 24/07/2014 | 12:41, mis à jour le 24/07/2014 | 12:41
© France 3
© France 3

Ils viennent d'Europe de l'est, d'Asie ou d'Afrique, primo-arrivants ou ballotés depuis des années entre les centres d'hébergement saturés du 115. Alors ils sont arrivés là à Cleunay, entre une école et des jardins familiaux.
Une cinquantaine de personnes dont 17 enfants mais aussi deux femmes enceintes sont installés dans des toiles de tente. Ils attendent une expulsion, ou une régularisation, comme cette famille arménienne avec deux fillettes nées en France, et une autre à venir en novembre :

https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=wn7UgypgmU4


Ils attendent, sans pouvoir agir ni travailler. La moitié de ces migrants est mineure, et si la solidarité des militants et des voisins fonctionne pour leur offrir un minimum vital, y compris alimentaire. Le campement n'a rien de luxueux, comme le décrit cet homme :

https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=1OA4JJEcvuE

Silence côté préfecture, c'est à dire de l'Etat, dont c'est pourtant la compétence et pas de vraie unanimité sur la question à la mairie.
Chez les écologistes alliés au Front de Gauche, on verrait d'un bon oeil le déplacement immédiat du campement vers le camping municipal des Gayeulles tout en cherchant des solutions plus pérennes.
En attendant, si le campement actuel a presque un air de vacances sous ce soleil, il est difficile d'oublier qu'il n'est qu'une solution d'urgence.

mercredi 23 juillet 2014

Les migrants veulent aller aux Gayeulles (Ouest-France 23/07/14)


Les élus écologistes et du Parti de gauche militent pour une mise à disposition du camping municipal. La Ville refuse et préfère mettre en avant « un suivi individuel » des demandeurs d'asile.

C'est sur un terrain municipal derrière l'école Champion-de-Cicé, dans le quartier de Cleunay,qu'une soixantaine de migrants onttrouvé un refuge précaire. Ils sont
Géorgiens, Albanais, Arméniens,Mongoles... Parmi eux, il y a deuxfemmes enceintes et 23 enfants.
Le11 juillet, ils ont dressé des tentes,avec l'aide de l'association Un toitc'est un droit. Depuis, ils vivent là,dans des conditions précaires, en attendant mieux. Certaines familles
avaient occupé l'église Saint-Marc de Villejean, l'hiver dernier.
L'accord des municipales

« La situation de ces familles relève d'une compétence de l'État.Ce dernier est gravement défaillant dans ce dossier en refusant d'apporter les réponses adaptées.
Ce désengagement de l'État est inacceptable, ont réagi, hier, ValérieFaucheux, présidente du groupe Ensemble Front de gauche (FDG), et Matthieu Theurier,
président du groupe écologiste, au conseil municipal de Rennes.
Face à cette situation d'urgence sur son territoire,la ville de Rennes se doit d'agir.Des nuitées d'hôtel sont proposéesaux plus fragiles. Cette réponse, sielle permet de protéger provisoirement les familles avec jeunesenfants, nous semble coûteuse et peu adaptée. »
Dans un communiqué, les élus des groupes Les Écologistes, EnsembleFDG et Parti de Gauche FDG refusent toute « expulsion sèche »et souhaitent une mise à disposition du
camping municipal des Gayeulles enattendant qu'une solution pérenne soit trouvée pour ces familles.
"Laville humaniste à laquelle nous aspirons est une ville qui, en pleine et réelle intelligence, met à l'abride façon durable des personnes qui depuis des mois errent sur
notre territoire. L'accord de fusion de la liste Changez la ville et de la liste socialiste prévoit plusieurs actions en ce sens. Il doit désormais être mis en oeuvre. »
« 60 nuitées »
L'occupation du terrain est illégale et ne doit pas perdurer, tient à rappeler Sébastien Sémeril, maire-adjoint. « La Ville ne souhaite pas ouvrir le camping municipal pour accueillir
ces demandeurs d'asile. Cette question relève de la compétence de l'État. Mais nous prenons notrepart dans l'accompagnement de ces personnes, avec notamment la
plate-forme Coorus qui complète le dispositif d'hébergement del'État, et la permanence des élus qui, toute l'année, sont à l'écoute.
La semaine passée, 60 nuitées ont été accordées pour les familles de Cleunay avec des enfants mineurs. »
La Ville préfère mettre en avant « un suivi individuel de ces demandeurs d'asile en lien avec les services de la préfecture. Une méthode plus discrète qu'un communiqué
pour tenter d'améliorer les choses. »

S’appuyer sur les associations pour apporter une réponse humaine aux migrants de Cleunay





Communiqué de presse - le 23 juillet 2014

Depuis le 30 juin, soixante migrants sont laissés à la rue à Rennes chaque soir. Après avoir sollicité vainement les services de la Préfecture et la Ville de Rennes, les migrants, soutenus par l'association « Un toit, c'est un droit », ont dressé des tentes à  Cleunay sur un terrain municipal aux abords des jardins familiaux. Ce campement de fortune installé depuis le 11 juillet dans des conditions très précaires accueille aujourd’hui une soixantaine de personnes, dont 2  femmes enceintes et 23 enfants. Des familles qui pour la plupart sont connues depuis le squat de l'église St Marc. 

La situation de ces familles relève d’une compétence de l’État.



Ce dernier est gravement défaillant dans ce dossier en refusant d’apporter les réponses adaptées. Ce désengagement de l’État est inacceptable. Face cette situation d'urgence sur son territoire, la Ville de Rennes se doit d’agir. Des nuitées d'hôtel sont proposées aux plus fragiles. Cette réponse, si elle permet de protéger provisoirement les familles avec jeunes enfants, nous semble coûteuse et peu adaptée. D’autant que dans le même temps une procédure d'expulsion du terrain est engagée. 

Les élus des groupes Les Écologistes, Ensemble-FDG et  Parti de Gauche-FDG refusent toute « expulsion sèche » et souhaitent une mise à disposition du camping municipal des Gayeulles en attendant qu’une solution pérenne soit trouvée pour ces familles. Leur accompagnement pourra alors continuer à être assuré par « un Toit, c’est un droit » dans le cadre d’une convention avec notre collectivité. L'association a d’ailleurs fait une proposition en ce sens à la mairie. Nous ne pouvons comprendre ni accepter le refus actuel d’un véritable travail commun avec les associations de soutien aux personnes migrantes. 

La ville humaniste à laquelle nous aspirons est une ville, qui en pleine et réelle intelligence, met à l'abri de façon durable des personnes qui depuis des mois errent sur notre territoire. L’accord de fusion de la liste « Changez la ville » et de la liste socialiste prévoit plusieurs actions en ce sens (recensement des logements vacants, soutien aux associations œuvrant auprès des personnes sans domicile, élargissement de la plate-forme COORUS). Il doit désormais être mis en œuvre.  

Valérie Faucheux, Présidente du groupe Ensemble-FdG à la Ville de Rennes
Matthieu Theurier, Président du groupe écologiste à la Ville de Rennes