samedi 31 décembre 2016

Pour l'application du droit à l'hébergement et à l'inconditionnalité de l'accueil

Source Cimade - 22 décembre 2016

http://www.lacimade.org/publication/pour-lapplication-du-droit-a-lhebergement-et-a-linconditionnalite-de-laccueil/

La loi française prévoit que « toute personne sans abri a accès, à tout moment, à un dispositif d’hébergement d’urgence. Toute personne accueillie dans une structure d’hébergement d’urgence doit pouvoir y demeurer jusqu’à ce qu’une orientation lui soit proposée. »
Pourtant, lors des permanences de la Cimade en Bretagne-Pays de Loire, nous rencontrons de nombreuses personnes étrangères qui se retrouvent à la rue ou en situation de mal logement. Ces personnes sont en détresse sociale et doivent bénéficier, elles aussi, de la loi française.


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La loi française prévoit que « toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique ou sociale a accès, à tout moment, à un dispositif d’hébergement d’urgence. Toute personne accueillie dans une structure d’hébergement d’urgence doit pouvoir y bénéficier d’un accompagnement personnalisé et y demeurer, dès lors qu’elle le souhaite, jusqu’à ce qu’une orientation lui soit proposée. Cette orientation est effectuée vers une structure d’hébergement stable ou de soins, ou vers un logement, adaptés à sa situation. » (article L.345-2-2 du Code de l’Action Sociale et des Familles)
Pourtant, lors des permanences de la Cimade en Bretagne-Pays de Loire, nous rencontrons de nombreuses personnes étrangères (demandeurs d’asile, mineurs isolés étrangers, déboutés de l’asile, étrangers malades….) qui se retrouvent à la rue ou en situation de mal logement (rue, squat, abri de fortune, hébergement chez des tiers…). Ces personnes sont en détresse sociale et doivent bénéficier, elles aussi, de la loi française.

ÊTRE DEMANDEUR D’ASILE ET DORMIR À LA RUE


Les services de l’État ont fait de réels efforts ces dernières années en ouvrant de nouvelles places dans les centres d’accueil pour les demandeurs d’asile (CADA) ; néanmoins, celles-ci restent nettement insuffisantes. En effet, dans toutes les villes de la région, des demandeurs d’asile dorment encore à la rue (dans le Morbihan ou au Mans par exemples) ou dans des squats (à Nantes, Rennes et Brest). Ils n’ont toujours pas accès à un hébergement et à des conditions d’accueil dignes, au mépris de la législation française[1] et européenne[2].
Faute de places suffisantes, des critères de vulnérabilité ont été introduits. Mais un hébergement doit être proposé à l’ensemble des demandeurs d’asile, et pas uniquement aux personnes vulnérables. Or, en ne permettant pas à tout demandeur d’asile d’accéder à un CADA, les services de l’État créent une réelle inégalité dans l’accompagnement proposé.

SORTIR D’UN CADA SANS SOLUTION D’HÉBERGEMENT


La loi prévoit que dès que les personnes sont déboutées de leur demande d’asile, elles doivent quitter leur hébergement en CADA (lorsqu’elles ont eu la chance d’en obtenir un) dans un délai d’un mois.
Dans un contexte de durcissement légal pour les personnes déboutées de l’asile, le ministère de l’Intérieur a invité les préfets dans une note du 6 mai 2016 à mettre en œuvre la procédure du référé mesures utiles[3] pour la sortie des déboutés, en vue de désengorger le dispositif national d’accueil des demandeurs d’asile. La note précise que les dispositions du code des procédures civiles d’exécution ne s’appliquent pas dans ces circonstances (et notamment la « trêve hivernale »).
Depuis septembre 2016, on a vu les premières procédures d’expulsion accélérée des CADA en Vendée et en Loire-Atlantique. Mais, alors que la loi le prévoit, aucune solution alternative d’hébergement n’est proposée aux personnes concernées.
Concernant les familles déboutées avec des enfants mineurs, même si ce sont les services de l’État qui ont la responsabilité principale de les héberger (article L.345-2 du CASF), dans l’ensemble des départements de la région, les services de l’Aide Sociale à l’Enfance ne prennent même pas la peine de répondre aux demandes et n’assument ainsi pas leur responsabilité supplétive au titre de la protection de l’enfance. En agissant ainsi, ils portent une atteinte grave à l’intérêt supérieur de l’enfant
Enfin, certaines préfectures semblent donner des consignes au 115 pour que les personnes déboutées du droit d’asile ne puissent pas accéder à l’hébergement d’urgence, ce qui constitue une atteinte grave au principe d’inconditionnalité de l’accueil.
La gestion de la pénurie des places d’urgence ne doit se faire ni au détriment des personnes étrangères en situation administrative précaire, ni au détriment d’aucune autre population concernée. La Cimade Bretagne-Pays de Loire rappelle que toute personne en situation de précarité, y compris étrangère en situation irrégulière, a des droits auxquels elle doit pouvoir accéder : hébergement, aide alimentaire, soins, scolarisation.
Les personnes déboutées ne font pas le choix de rester dans des hébergements réservés aux demandeurs d’asile. Elles ne souhaitent simplement pas se retrouver à la rue, dans l’indignité. Si une autre proposition d’hébergement durable leur était proposée, elles partiraient de leur plein gré.

ÊTRE MINEUR ISOLÉ ET DORMIR DANS LA RUE


Dans l’ensemble des villes de la région, des mineurs isolés étrangers errent. Lors de leur arrivée dans un département, les jeunes étrangers isolés sont pris en charge provisoirement pendant cinq jours, le temps d’une « évaluation » de leur minorité par les services départementaux de l’Aide sociale à l’enfance ou une association délégataire. A Nantes, pour cette période, les jeunes sont seuls dans des hôtels. Ensuite, si leur minorité est contestée, ils se retrouvent à la rue : c’est le cas à Brest, où ils ont rejoint des familles de demandeurs d’asile déboutées ou en procédure « Dublin » dans des squats. C’est également le cas à Saint-Brieuc où le milieu associatif se débrouille pour leur trouver des hébergements alternatifs en attendant que les procédures menées par des avocats rétablissent ces jeunes dans leurs droits. C’est aussi le cas à Nantes où les militants ont ouvert des squats « mineurs »…
Le second temps où ces jeunes se retrouvent à la rue est leur arrivée à la majorité : pris en charge par les services départementaux de l’Aide sociale à l’enfance, les démarches pour l’ouverture de droits à leur majorité ne sont pas toujours entamées, loin s’en faut.
La Cimade Bretagne-Pays de Loire, sollicitée parfois en amont, et parfois trop tard, par des travailleurs sociaux démunis, plaide pour une meilleure formation des travailleurs sociaux en charge des mineurs isolés étrangers et des instructions claires dans les services départementaux.
Enfin, les contrats « jeunes majeurs », qui permettent la prise en charge des jeunes afin qu’ils puissent continuer leurs études lorsqu’ils arrivent à la majorité, sont délivrés au compte-goutte. Les autres jeunes sont mis à la rue. Comment suivre des études quand on dort à la rue ?

VIVRE EN SQUAT


À Rennes, le squat de la Poterie est occupé depuis le 14 juin 2016 par 160 migrants de 14 nationalités dont 70 enfants. Les conditions de vie y sont difficiles, notamment par l’absence de chauffage alors que le froid est arrivé.
À Brest, une quarantaine de migrants, dont 15 enfants d’origine roumaine, macédonienne ou albanaise occupaient le squat de Forestou depuis le printemps 2016. Le 20 octobre 2016, ce squat a été évacué laissant des familles à la rue.
À Nantes, plus de 200 migrants se serrent dans différents squats, dont des mineurs isolés. Le 22 novembre 2016, près de 70 personnes qui vivaient dans l’ancien presbytère de Doulon depuis plus de 2 ans ont été expulsées. Parmi elles, des demandeurs d’asile, des réfugiés, des déboutés. Après avoir opéré un « tri » des personnes en fonction de leurs situations administratives, des solutions d’hébergement ont été proposées à la plupart, toutefois sans visibilité sur leur pérennité. Une inquiétude particulière demeure sur la continuité de l’hébergement proposé aux personnes sans titre de séjour.
En squat, les conditions de vie sont très précaires (absence d’eau chaude, de chauffage..), la situation sanitaire est difficile (puces, cafards..), la menace d’une expulsion est quotidienne. Tout cela met en péril la santé, la scolarisation, l’accès aux droits et la sécurité des personnes.
Face aux expulsions de squat sans proposition d’hébergement digne proposée, nous dénonçons un traitement public plus sécuritaire qu’humain qui ne fait qu’aggraver la situation des personnes concernées.
Si ces personnes sont aujourd’hui contraintes de vivre en squat, c’est bien faute de proposition d’hébergement et de logement !

VIVRE HÉBERGÉS CHEZ DES TIERS


Face à la complexité des dispositifs, des critères et des filières de priorité, les personnes sont souvent perdues. Parfois, elles ne sollicitent plus les dispositifs, elles n’appellent plus le 115, découragées de devoir toujours rappeler et par la rareté des réponses positives. Elles se replient alors sur des solutions individuelles : hébergement chez des tiers (amis, famille, compatriotes) ou d’hébergement-citoyen.
En Vendée, le réseau WELCOME a accueilli une soixantaine de personnes depuis sa création en octobre 2015. Si l’entraide-citoyenne existe, elle ne saurait se substituer à l’application de la loi et aux prérogatives de l’État.
Le caractère temporaire de ces solutions d’hébergement et la contrainte que subissent à la fois les personnes hébergées et les hébergeurs maintiennent une réelle précarité.
L’hébergement par des tiers ne peut pas être une variable d’ajustement invisible à la crise de l’offre publique d’hébergement et de logement.
———-
Nous, bénévoles de la Cimade Bretagne Pays-De-Loire, qui voyons chaque jour les conditions d’accueil des personnes migrantes et les principes de l’action sociale bafoués, demandons que toute personne sans hébergement sur le territoire, y compris celles qui ne possèdent pas de titre de séjour, puissent bénéficier d’un hébergement adapté et durable en vertu de l’article L.345-2-2 du Code de l’Action Sociale et des Familles. Ce droit à l’hébergement, dans son effectivité, est bien trop souvent bafoué !
Le dispositif d’hébergement est aujourd’hui sous pression. Il ne permet pas de répondre à toutes les situations de précarité et d’exclusion[4] rencontrées sur le territoire. Ceci n’est pas acceptable.

Aussi nous demandons:

La création de places d’hébergement en CADA
La création de places d’hébergement de droit commun.
Le respect du principe d’inconditionnalité de l’hébergement d’urgence, hissé au rang de liberté fondamentale par le Conseil d’État[5]
L’arrêt des expulsions de CADA sans proposition d’hébergement accompagné digne et durable
L’arrêt des expulsions de squat, sans proposition d’hébergement accompagné digne et durable
Par ailleurs, d’autres solutions pérennes sont possibles. Elles nécessitent un effort de tous les acteurs institutionnels (État et collectivités), détenteurs de locaux et de moyens financiers, en liaison avec les acteurs sociaux. Les moyens existent pour faire reculer la précarité dans notre région, il s’agit de le vouloir.


[1]              Loi du 29 Juillet 2015- Chapitre IV : conditions d’accueil des demandeurs d’asile
[2]              Directive 2013/33/UE du 26 Juin 2013
[3]              article L.744-5 du CESEDA
[4] Le baromètre du 115 de la FNARS indique que le taux de réponses négatives pour absence de places disponibles atteint 77% en juillet 2016.
[5]              Ordonnance du Conseil d’État, 10 février 2012

jeudi 22 décembre 2016

Un joli conte de Noël

La famille Rozé accueille, depuis un mois et demi, dans leur maison de Guichen une Congolaise, demandeuse d'asile. Ils ont été mis en contact par l'association Un Toit c'est Un Droit.



A lire et à écouter :


Ça bouge autour du squat ! (2)

Le samedi 18 décembre, le jazz faisait sa fête au squat de la Poterie avec le groupe Clac'n swing. Comme d'habitude, la salle était pleine : un public attentif… qui n'a pu s'empêcher de quitter sa chaise en fin de concert pour renouer avec la tradition de danse liée au jazz !



Le mercredi 14 décembre, seconde manifestation organisée avec le soutien de 26 organisations pour rappeler aux pouvoirs publics que nous réclamons 

du chauffage, des papiers et des logements pour toutes et tous ! 




Le samedi 17 décembre, une formation de musique baroque s'était invitée au squat de la Poterie. Incongru, surprenant, coquasse, époustouflant ? 


De belles chaussures cirées sous un strict costume noir. Des chaussettes passées dans des tongues. Deux mondes à des années lumière. En apparence.
Qu'est-ce qui fait que les hommes, au-delà de leurs différences, puissent se retrouver ?



Peut-être la volonté de marcher ensemble comme des frères ? Avec peut-être la musique comme chaussures universelles…




À chaque concert, des styles, des tonalités différentes mais toujours un public mélangé et chaleureux.


Un grand merci aux magiciens des sons !



Le samedi 18 décembre, le Père Noël est descendu au squat de la Poterie, et il a été particulièrement généreux. Les yeux des enfants brillaient et cette journée restera longtemps dans leur mémoire. 

Nos vifs remerciements aux équipes de lycéens et d'étudiants qui se sont mobilisés 
pour offrir cette fête aux enfants !  



Le lundi 19 décembre, le chauffage est enfin arrivé au squat !



lundi 12 décembre 2016

Lettre au père Noel reçue d'une militante

2e manifestation de soutien pour le squat de la Poterie

VIVRE SANS PAPIERS, VIVRE SANS LOGEMENT : IMPOSSIBLE ! VIE DE GALÈRE.




 Le 14 juin dernier, des personnes étrangères sans papiers et sans logement trouvaient refuge dans une ancienne maison de retraite désaffectée, dans le quartier de la Poterie. Ces personnes sont soutenues par l’association Un toit c’est un droit.

Aujourd’hui, le lieu abrite 160 personnes,essentiellement des familles.70 enfants y dorment chaque nuit avant de se rendre dans les écoles du quartier!
Ce squat est un symbole de la situation actuelle du logement à  Rennes (et ailleurs). Tous les soirs, d’autres personnes à  la rue viennent au squat pour tenter de trouver un abri. Le 115 (numéro d’hébergement d’urgence) est saturé: il n’y a pas assez de places pour tout le monde.


Le propriétaire des lieux –le Groupe Lamotte 
Constructeur– a porté plainte mais, début août, la Justice a accordé un délai de six mois aux occupants qui, suite à des négociations avec la ville de Rennes, devraient même pouvoir rester jusqu’au 17 juillet 2017.


Depuis plusieurs mois, grâce à l’association Un toit c’est un droit, de nombreuses initiatives ont été mises en place pour soutenir le squat. Des cours, des concerts, des animations, des repas…
De nombreuses autres associations et bien des habitants du quartier multiplient les actes de solidarité. Des lycéens et des étudiants de Rennes se mobilisent.
Malgré cette solidarité, tout n’est pas résolu. Si le squat permet la mise à l’abri temporaire, il n’est en aucun cas une solution pérenne pour ses occupants.

L’obtention de papiers et l’accès à  un logement sont deux conditions urgentes pour que les habitants du squat de la Poterie ne se retrouvent pas à la rue à  la fin de la trêve hivernale. En solidarité avec ces habitants, nous avons donc décidé d’interpeller les pouvoirs publics sous diverses formes et de manifester tous les mois ! Après une première manifestation le 16 novembre qui a rassemblé 350 personnes, nous continuons de demander :


dimanche 27 novembre 2016

Ça bouge autour du squat ! (1)

Initiée par les résidents du squat de la Poterie, accompagnés par l'association « Un toit c'est un droit », la saison culturelle et artistique de solidarité a débuté le 13 novembre par une journée géorgienne : un repas de spécialités à la salle du Landry,







puis un concert de chants polyphoniques à l'église Saint Luc.




Le 18 novembre c'était la musique des Tarafikants qui s'invitait au squat, 



le 25 Marion Rouxin et ses musiciens, 





le 26 le théâtre de l'opprimé avec la Cimade dans le cadre du festival Migrant'scène




Du 21 au 25, l'art mongol recouvrait les murs.



Une solidarité qui fait chaud au cœur…

À chaque initiative, il y a eu salle comble et la joie du partage était au rendez-vous, illustrant cette si belle parole de Baudelaire :

« Étonnants voyageurs ! Quelles nobles histoires
Nous lisons dans vos yeux profonds comme les mers !
Montrez-nous les écrins de vos riches mémoires,
ces bijoux merveilleux, faits d'astres et d'éthers.

Nous voulons voyager sans vapeur et sans voile !
Faites, pour égayer l'ennui de nos prisons,
Passer sur nos esprits, tendus comme une toile,
Vos souvenirs avec leurs cadres d'horizons. »

Un grand merci à tous !

Tout d'abord, merci aux artistes solidaires qui ont accepté de venir jouer gratuitement pour apporter un peu de chaleur à tous, mais aussi permettre aux résidents de réunir les fonds nécessaires à leur contribution volontaire aux frais de gestion du squat (notamment au chauffage... physique, pour le coup !). Merci également aux structures qui nous ont accueillis, à celles qui nous ont prêté le matériel et l'appui technique nécessaires et aux associations qui soutiennent les migrants sans-abri. Merci enfin aux nombreux bénévoles sans qui rien n'aurait été possible et, bien sûr… au public !

Ce n'est qu'un début !

Dimanche 11 décembre : concert de jazz



Samedi 17/12 : concert de Noël 






Et on travaille déjà à la programmation de janvier…

Tous ensemble pour une vie digne et la fraternité entre les hommes…

Non les migrants ne sont pas des consommateurs, oui ils nous apportent beaucoup.
Non, l'association « Un toit c'est un droit » ne refuse pas de mettre la main à la pâte, oui elle a dores et déjà anticipé sur sa contribution à l'effort collectif autour du chauffage.

Agissons ensemble pour un monde de justice, de paix et d'amitié !

Et, si on le fait dans la joie et la bonne humeur… c'est quand même pas mal !

samedi 19 novembre 2016

Ville de Rennes : Halte à la mauvaise foi !

La première manifestation en soutien au squat organisée par 28 collectifs rennais a été un succès.





Migrants, militants, citoyens et riverains ont défilé du squat de la Poterie à la mairie de Rennes pour réclamer du chauffage, des papiers et des logements pour toutes et tous !

Préparée collectivement depuis le mois de septembre, cette manifestation était planifiée bien avant que la mairie de Rennes ne nous impose la signature d’un commodat (prêt à usage) avec le groupe Lamotte pour obtenir le chauffage. Pas de commodat, pas de chauffage ! Une convention serait ensuite signée entre la mairie de Rennes, « Un toit, c’est un droit » ainsi que le secours-catholique, le CCFD et la Fondation Abbé Pierre pour fixer les modalités financières et les engagements pour les solutions de relogement.

Le communiqué de Frédéric Bourcier 


Squat de la Poterie : halte à la désinformation !

Des manifestants ont défilé hier soir, place de l'Hôtel de Ville, pour réclamer du chauffage dans le bâtiment privé squatté par des familles de migrants, dans le quartier de la Poterie.
Ce happening médiatique savamment orchestré, annoncé de longue date, ne saurait duper personne.

Depuis le mois d'octobre dernier, les associations et collectifs qui soutiennent les migrants ont entre les mains une convention, proposée par le propriétaire du bâtiment squatté, pour régulariser jusqu'à l'été prochain la situation d'occupation illégale.

Dans un souci humanitaire et de sécurité, la Ville de Rennes a proposé, en accord avec le propriétaire et si cette convention était signée, de participer avec d'autres partenaires au financement du chauffage du bâtiment.

Alors même que le squat pourrait être chauffé depuis trois semaines déjà, nous sommes toujours dans l'attente d'une réponse.
Les manifestants réunis ce soir seraient-ils plus soucieux de mettre en scène un supposé problème que de le résoudre concrètement dans l'intérêt des familles qu'ils prétendent soutenir ?
Frédéric Bourcier,
adjoint à la Maire de Rennes délégué à la solidarité et à la cohésion sociale



Ville de Rennes : Halte à la mauvaise foi !

En terme de désinformation, il sait de quoi il parle Frédéric Bourcier, nous avons affaire à un expert dans ce communiqué fallacieux !

Afin de mieux comprendre la situation, voici une chronologie des faits :

21 septembre : un courriel est adressé à la Ville de Rennes et à Rennes Métropole pour demander leur participation au financement du chauffage

20 octobre : 1e rencontre avec Frédéric Bourcier pour le chauffage après plusieurs relances. Proposition très floue d'une convention avec le groupe Lamotte pour « légaliser » le squat.

28 octobre : La convention se transforme en commodat (prêt à usage) entre le groupe Lamotte et uniquement « Un toit, c’est un droit »  . Une convention annexe tri-partite (mairie, propriétaire, associations) serait ensuite négociée. Nous recevons une 1e version du commodat.

29 octobre : Réception de la deuxième version du commodat.

Le secours-catholique et le CCFD découvrent  l'existence du commodat et qu'ils en sont signataires sont avoir été préalablement consultés !
Puis silence de la mairie…Monsieur Bourcier s’est envolé pour un voyage privé d'une dizaine de jours sans avoir donné délégation à un de ses collègues. 

8 novembre : Réunion des 4 associations concernées. Les 3 autres partenaires refusent de signer le commodat. « Un toit, c’est un droit » doit donc assumer seule cette responsabilité.

10 novembre : réunion à la mairie des 4 associations à la demande de la Fondation Abbé Pierre. Frédéric Bourcier annonce qu’il a rédigé un projet de convention en 3 phrases…

12 novembre :  Rendez-vous chez le notaire du groupe Lamotte. Il subsiste de nombreuses zones d’ombre à éclaircir dans la rédaction du commodat avant d'envisager la signature. 

15 novembre : réunion au secours-catholique avec les 3 autres partenaires pour commencer à poser les bases de la convention, notamment sur le travail d’accompagnement des migrants pour obtenir des garanties de relogement.

16 novembre : manifestation



17 novembre : communiqué de presse de Frédéric Bourcier (voir ci-dessus)

17 novembre : Nos interrogations sont légitimes puisque une 3e version du commodat largement amendée nous est proposée !

Donc NON Monsieur Bourcier "les manifestants ne sont pas plus soucieux de mettre en scène un supposé problème que de le résoudre concrètement dans l'intérêt des familles qu'ils prétendent soutenir". Ils ne sont pas comme vous dans les logiques électoralistes. Ils refusent juste de signer les yeux fermés un contrat qui engage leur responsabilité sans connaître le contenu de la convention qui l'accompagne. 
Chauffage ou pas, il y aura d'autres "happening médiatique" avant la fermeture de ce squat afin de garantir des solutions de relogement dignes et pérennes pour toutes et tous ! 

Comment continuer à négocier avec un élu qui :

- Prend des engagements pour la signature d’une convention sans consulter les associations concernées,

- Nous accuse de freiner les négociations, alors qu’il s’est absenté pendant 10 jours sans nous en informer malgré une rencontre prévue ,

- Nous met en cause par voie de presse,

- s’était engagé à ne pas communiquer pour l’instant sur le sujet…

Nous refuserons désormais toutes négociations avec Frédéric Bourcier et nous demandons à Madame le Maire de désigner un autre interlocuteur plus fiable, afin qu’un accord soit trouvé à court terme.




mardi 1 novembre 2016

Le programme des animations pour le mois de novembre

Un groupe animation s'est constitué autour du squat de La Poterie. Il rassemble aujourd'hui plus d'une cinquantaine de personnes, parmi lesquelles des voisins, des artistes, des enseignants, etc. 

Son objectif est d'apporter un certain nombre de services aux résidents (accompagnement administratif, soutien scolaire, alphabétisation...), mais également de faire vivre le lieu en favorisant les rencontres avec la population autour de projets culturels et artistiques et en accompagnant les résidents vers l'extérieur pour favoriser leur intégration. 

Les bénéfices de ces animations serviront à contribuer au financement du chauffage dans le squat cet hiver. 

A noter dans vos agendas : 









À Rennes, Migrant’Scène ouvre sa 5e édition sous le signe du vivre ensemble.

Organisée du 22 au 26 novembre 2016, la 5e édition du festival Migrant’Scène invite le public rennais à s’interroger sur la place donnée aux personnes migrantes dans notre société. Migrant.e.s, artistes, intellectuels, citoyen.ne.s et bénévoles prennent la parole pour témoigner d’initiatives allant dans le sens d’un monde tolérant et ouvert. 

C’est autour du thème « Ici et d’ailleurs, ensemble » que Migrant’Scène articule sa programmation 2016. Chaque jour, des actions collectives, enrichies de toutes nos différences, se mettent en place. À contre-courant du discours qui alimente l’hostilité et la peur, le vivre ensemble existe et cette réalité vécue ouvre de nouvelles perspectives. C’est possible, riche de sens et nécessaire. 

Le festival a été pensé et conçu avec les personnes migrantes vivant à Rennes et sa région. Une diversité qui se reflète dans les différents événements proposés : soirée de lancement, spectacle pour le jeune public, conférences participatives, bibliothèque vivante, témoignages, tables rondes, action de rue pour sensibiliser à la rétention administrative, théâtre de l'opprimé et projets artistiques. 

Samedi 26 novembre • 14h. THÉÂTRE DE L'OPPRIMÉ
Le racisme ordinaire, invisibilisé et institutionnel
Squat de La Poterie, 32 square Ludovic Trarieux. Métro : La Poterie

Programme complet (PDF, 300 Ko) sur http://bit.ly/ProgMigrantsceneRennes2016

mardi 25 octobre 2016

Familles à la rue


Lundi 24 octobre : Nouvel accompagnement à la DDCSPP* des familles à la rue qui se présentent au squat de la Poterie après refus d'hébergement par le 115. 

Aucune solution d'hébergement proposée à ces 6 familles, soient 22 personnes :10 adultes (dont 2 personnes handicapées) et 10 mineurs. 

DDCSPP* : Sous l’autorité du Préfet, la Direction Départementale de la Cohésion et de la Protection des Populations (DDCSPP), Direction interministérielle, met en œuvre dans le département d’Ille-et-Vilaine les politiques publiques relevant de huit ministères. Les missions confiées à la DDCSPP, reposent sur les principes républicains de la société française : égalité de traitement pour tous, solidarité nationale, protection de tous les citoyens, au premier rang desquels les plus vulnérables. (sic)
 

dimanche 23 octobre 2016

Mobilisons nous pour obtenir des conditions d'accueil décentes pour tou(te)s !

Au squat de la Poterie vivent depuis le 15 juin 160 personnes dont 70 enfants. Le squat ne peut plus accueillir personne, sous peine de précariser tout le monde. Mais nous ne pouvons rester insensibles au sort des familles sans solutions qui viennent chaque soir nous supplier de les laisser dormir dans le couloir. 






Nous avons donc permis à 4 familles de s'installer dans une pièce sans eau, sans sortie de secours, non destinée à l'hébergement mais uniquement à des activités en journée. 14 personnes, dont une femme malade, un monsieur paraplégique en fauteuil roulant et 5 mineurs…

Nous avons accompagné ces familles dans toutes les administrations en charge de l'hébergement. 


Accompagnement à la DDCSPP

Jeudi 20 octobre

Famille I. : 3 adultes à la rue depuis 4 mois.
Famille R. : 2 adultes et 3 enfants, dont 1 jeune autiste, à la rue depuis 14 nuits. 
Famille A. : 2 adultes, dont un monsieur paraplégique en fauteuil roulant et un adolescent, à la rue depuis 10 nuits. 
Famille B. : 1 femme seul et 2 enfants à la rue depuis quelques jours.

Famille B. relogée jusqu'au 24/10. 



Vendredi 21 octobre

Famille I. : 3 adultes à la rue depuis 4 mois.
Famille R. : 2 adultes et 3 enfants, dont 1 jeune autiste, à la rue depuis 14 nuits. 
Famille A. : 2 adultes, dont un monsieur paraplégique en fauteuil roulant et un adolescent, à la rue depuis 10 nuits. 

La DDCSPP nous ferme ses portes. 

Nous continuerons ces démarches avec les 3 familles, ainsi que pour 3 nouvelles familles que nous ne pouvons absolument pas accueillir dans ce squat. 


A suivre….



Témoignage d'une militante 

Le 115 (hébergement d'urgence) est totalement saturé, chaque jour dès le matin. Les sans-abris passent donc toute la journée pendus au téléphone en espérant : premièrement que le 115 décrochera (nous vous encourageons à faire le test : c'est très instructif), deuxièmement que quelqu'un ne se présente pas au foyer et qu'ils puissent y être acceptés.

Mais, que tout le monde se rassure : cela ne signifie nullement, bien sûr, qu'il ne reste plus de lits disponibles dans des chambres chauffées. Non, cela signifie simplement que, d'après les normes définies par l'administration, le maximum du taux d'encadrement par travailleur social est atteint. Une fois ce maximum atteint, il peut rester autant de lits disponibles que de gens à la rue, vous resterez sur votre banc au coin de la rue ou aux urgences de l'hôpital. Pendant ce temps, des travailleurs sociaux diplômés (français !) cherchent vainement un emploi… (Mais, que tout le monde soit rassuré : l'État trouve toujours, par ailleurs, les moyens financiers de renflouer les banques « déficitaires »...)

C'est dans ce contexte que, chaque soir, des personnes sans hébergement arrivent au squat de la Poterie (qui, ceci dit en passant n'a toujours pas de chauffage mais, bon, ça va encore : pour une fois que les étrangers nous apportent quelque chose d'appréciable : l'été indien!). Elles arrivent en espérant qu'on va pouvoir les mettre à l'abri or les locaux sont totalement saturés et, pour conserver des conditions de vie digne aux résidents, l'association « Un toit c'est un droit » se trouve obligée de refuser les nouveaux venus (il y a déjà, depuis plusieurs semaines, dans une salle normalement réservée aux activités, sans eau, sans toilettes, sans issue de secours, 4 familles soient 14 personnes parmi lesquelles des enfants, une dame malade et 2 personnes handicapées).

Si le squat de la Poterie entraînait un « appel d'air », force serait de constater la déficience du téléphone arabe, albanais, etc : que le monde entier, qui prétend nous envahir, sache bien que le squat de la Poterie est désormais complètement full and closed ! Par contre, on peut quand même lui rappeler (à ce monde en souffrance, quelques fois quand même un peu à cause de politique internationale de la France) qu'il existe des conventions internationales signées par la France (voui, voui) et même des textes de lois franco-français qui fixent quelques obligations pour l'État : accueil des demandeurs d'asile en CADA et accueil inconditionnel de toute personne en situation de détresse dans le cadre de l'hébergement d'urgence.

Face à cette situation inacceptable, l'association « Un toit c'est un droit » avait décidé d'aller chaque jour interpeller la direction de la cohésion sociale (DDCSPP : av. de Cucillé à Beauregard) pour alerter et tenter de débloquer des moyens : après 3 déplacements, elle n'a obtenu de places d'hébergement que pour une seule famille et on lui a dit « qu'il valait mieux venir seuls, sans les migrants »… puis les délégations ont trouvé porte close ! (Bonjour l'accueil des services publics « au pays des droits de l'Homme »…). La mairie de Rennes, de son côté, affirme ne pas/plus trouver de places en hôtels. (Pour rappel : Nathalie Appéré s'était engagée dans son programme électoral à ce qu'il n'y ait plus aucun enfant à la rue).

En résumé : les autorités ne veulent pas voir la misère du monde : elles délèguent « gentiment » aux associations le soin de signifier aux personnes qu'elles peuvent crever de froid dehors dans l'indifférence générale.

Tout cela mérite bien sûr d'être contextualisé. Parallèlement, c'est vrai que pour espérer pouvoir être élu-es, au PS comme à droite, il vaut mieux s'inscrire dans le « mouv » dominant : faire de la sécurité, de la lutte contre l'immigration, ses thèmes de campagne, plutôt que de reconnaître ses propres responsabilités dans cette crise économique qui touche tous les Français (NB : les 100 000 migrants annuels, c'est sûr, menacent gravement l'emploi : sans eux, les 5 ou 6 millions de chômeurs ou de précaires français actuels vivraient dans l'opulence !)

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Un collectif d'une vingtaine d'organisations s'est constitué autour des revendications suivantes : du chauffage au squat pour cet hiver, un logement et des papiers. Le principe d'une manifestation mensuelle a été acté (voir tract ci-dessous) :


VIVRE SANS CHAUFFAGE, VIVRE SANS PAPIERS, VIVRE SANS LOGEMENT : 

IMPOSSIBLE ! VIE DE GALÈRE !   


Aujourd’hui, le lieu abrite 160 personnes, essentiellement des familles. 70 enfants y dorment chaque nuit avant de se rendre dans les écoles du quartier !
Le 14 juin dernier, des personnes étrangères sans papiers et sans logement trouvaient refuge dans une ancienne maison de retraite désaffectée, dans le quartier de la Poterie. Ces personnes sont soutenues par l’association Un toit c’est un droit. 
Ce squat est un symbole de la situation actuelle du logement à Rennes (et ailleurs). Tous les soirs, d’autres personnes à la rue viennent au squat pour tenter de trouver un abri. Le 115 (numéro d’hébergement d’urgence) est saturé : il n’y a pas assez de places pour tout le monde.


Le propriétaire des lieux – le Groupe Lamotte Constructeur – a porté plainte mais, début août, la Justice a accordé un délai de six mois aux occupants qui, grâce à la trêve hivernale, devraient même pouvoir rester jusqu’au 31 mars 2017. Cependant, la procédure est encore en cours car le groupe Lamotte a fait appel.


Depuis deux mois, grâce à l’association Un toit c’est un droit, de nombreuses initiatives ont été mises en place pour soutenir le squat. Des cours, des concerts, des animations, des repas… De nombreuses autres associations et bien des habitants du quartier multiplient les actes de solidarité. Des lycéens et des étudiants de Rennes se mobilisent. 

Malgré cette solidarité, tout n’est pas résolu. D’une part, l’hiver approche et l’accès au chauffage n’est pas assuré alors que les occupants sont prêts à participer à son financement ! D’autre part, si le squat permet la mise à l’abri temporaire, il n’est en aucun cas une solution pérenne pour ses occupants. 

L’obtention de papiers et l’accès à un logement sont deux conditions urgentes pour que les habitants du squat de la Poterie ne se retrouvent pas à la rue à la fin de la trêve hivernale. En solidarité avec ces habitants, nous avons donc décidé d’interpeller les pouvoirs publics sous diverses formes et de manifester tous les mois :



1ER RENDEZ-VOUS

MANIFESTATION 

mercredi 16 novembre à 18 h

Départ : Squat de la poterie
32 Square Ludovic Trarieux
Arrêt Gohier lignes 11/C2