jeudi 7 août 2014

Le Préfet s'exprime....

Patrick Strozda : « le droit d’asile est souvent dévoyé et instrumentalisé »


Le Mensuel de Rennes - le 5 août 2014. 

Explication et fermeté. Voilà les deux lignes directrices que s’est fixées Patrick Strzoda, préfet de Bretagne, en s’exprimant ce mardi soir sur le problème des migrants de Cleunay. « Concernant l’agression dont auraient été victimes les migrants, il faut être prudent. A ce stade de l’enquête, rien ne permet de démontrer le caractère raciste de cette agression. Il ressort de la plainte déposée que l’incident relève davantage d’un problème de voisinage provoqué par un rodéo de voitures que de faits racistes. Une enquête est ouverte. Les patrouilles de police seront renforcées dans le quartier. »
L’autre mise au point du préfet concerne l’obligation de l’Etat de garantir le droit au logement. « Nous avons l’obligation de loger les personnes en détresse physique, psychique ou sociale. Or cette notion est évaluée par des travailleurs sociaux. Concernant le camp de migrants de Cleunay, depuis mi-juillet, nous avons déjà relogé cinq familles soit 21 personnes. Six familles n’ont pas été jugées en détresse. Nous avons fait une demande auprès d’autres départements pour loger une famille violente. Enfin, une dernière famille a refusé d’être hébergée au Colombier. Chaque année, les budgets d’aide au logement augmentent. L’an dernier, l’Etat a versé 4 millions d’euros pour les demandeurs d’asile. En France, le droit d’asile est hautement respectable mais il est souvent dévoyé et instrumentalisé politiquement.» 

Par ailleurs, Patrick Strozda a fait savoir qu’à la demande de la mairie de Rennes, une réunion serait organisée en septembre pour rappeler les règles du droit au logement aux associations qui viennent en aide aux sans domicile.



Camp de migrants à Rennes. « Pas d'agression raciste », selon le préfet

 

Un camp de migrants a été visité ce week-end, dans le quartier de Cleunay, créant l’émoi parmi les associations. Pour le préfet,  « il ne s'agit pas d'une agression raciste »

D'après les deux témoins entendus par les services de police, un rodéo nocturne s'est produit près du camp. Les migrants ont demandé aux conducteurs de s'éloigner, une altercation verbale s'en est suivie. « Il s'agit davantage d'un incident de voisinage qui a dégénéré, considère Patrick Strzoda, le préfet, et non d'une agression raciste avec une bande organisée. » Une plainte a été déposée, l'enquête se poursuit.

Cinq familles relogées

Concernant l'obligation de logement, le préfet rappelle qu'elle ne s'applique que pour les personnes en situation de détresse, signalées par les travailleurs sociaux. Dans ce camp de Cleunay, cinq familles, soit vingt-et-une personnes, ont bénéficié d'un hébergement. Six autres n'ont pas été jugées prioritaires. Deux font l'objet de très fortes réserves.

Une table-ronde à la rentrée

En résumé, le préfet a adressé un message de fermeté, en veillant à l'application stricte de la loi. À la demande de la Ville de Rennes, une table-ronde aura lieu à la rentrée, en septembre, avec les associations qui interviennent auprès des migrants, afin de leur rappeler les règles en vigueur.

lundi 4 août 2014

Communiqués suite agression raciste sur le campement de Cleunay

Depuis le 11 juillet une soixantaine de migrants, accompagnés par l'association « Un toit c'est un droit », ont dressé un campement de fortune à  Cleunay, sur un terrain municipal aux abords des jardins familiaux dans l'indifférence générale de la quiétude estivale.

C'est un article paru dans l'édition du 17 juillet du journal Ouest-France, qui a contraint la Ville de Rennes à exprimer sa position face à cette situation sur le domaine public.
« Un toit, c'est un droit » a aussitôt proposé l'établissement d'une convention permettant de s'installer sur le camping municipal dans des conditions sanitaires plus décentes.
Réponse de la mairie : Mise en œuvre d'une procédure d'expulsion et fin de non-recevoir.

Nathalie Appéré a t-elle oublié sa belle déclaration selon laquelle « il n'y aurait pas d'enfants à la rue à Rennes » ou considère-t-elle que le terme enfant ne s'applique qu'à ceux qui dont les parents sont en situation régulière, les autres n'étant que des indésirables ?
En effet, seules les familles vivant légalement sur le territoire avec de jeunes enfants bénéficient ponctuellement de quelques nuitées d'hôtel.

Côté préfecture, c'est toujours le silence. Aucune déclaration officielle face à cette situation qui relève pourtant de la compétence de l'État.

Comme si ça n'était pas suffisamment difficile à vivre, une nouvelle menace est intervenue dans la nuit du 2 août : 8 individus armés de barres de fer et de chaînes ont semé la terreur dans le campement par 2 fois. Après avoir proféré des insultes racistes envers les migrants et renversé leurs maigres réserves alimentaires, ils ont pris la fuite en promettant de revenir. Un dépôt de plainte a été déposé pour « menaces avec arme en raison de la race ».

60 personnes, dont une vingtaine d'enfants et 3 femmes enceintes, contraints d'occuper illégalement un terrain dans des conditions très précaires, vivent maintenant dans l'angoisse de voir revenir une bande d'individus haineux.
A Rennes comme à Calais, les autorités, à force de stigmatiser les migrants et leurs soutiens ont donné à certains extrémistes fanatiques l'idée que leur haine est légitime.

Face à cet acte odieux, « Un toit, c'est un droit » renouvelle sa demande à la Ville de Rennes de pouvoir accueillir les migrants sur le camping municipal des Gayeulles dans des conditions plus dignes et plus sécurisées, en attendant de trouver des solutions plus pérennes.



« Un toit, c'est un droit » - Rennes le lundi 4 août 2014.

Rassemblement de soutien aux migrants sur le campement de Cleunay le 2 août 

 
Communiqué du MRAP Ille et Vilaine

Cleunay et les migrants : Jusqu'où peut aller la haine ?

Le MRAP s’indigne des incidents violents qui se sont produits dans la nuit du 1er  au 2 août et dont ont été victimes les migrants qui ont planté des tentes derrière l’école Champion de Cicé à Cleunay.
Par deux fois, des individus – 3, puis 7 hommes - ont « visité » leur campement de fortune en frappant sur leurs tentes avec des objets métalliques, en proférant des injures à caractère raciste et en jetant au sol leurs maigres provisions alimentaires. En menaçant aussi de revenir !

Une plainte a été déposée. Le MRAP Ille et Vilaine saisira le procureur de la République pour qu’une enquête sérieuse soit menée et des poursuites engagées envers les coupables. 

Après les injures racistes, le passage à l’acte et les violences physiques : le MRAP s’inquiète qu’une telle dérive se manifeste à Rennes. C’est hélas ! la prévisible évolution d’un discours de stigmatisation qui s’est intensifié contre les migrants ces dernières années jusqu’au plus haut niveau de l’État. Le passage à la haine et à la violence en découle quasi inévitablement.

Sans solution d’hébergement, l’indifférence et l’impéritie de la Préfecture comme de la Ville de Rennes ont contraint cette soixantaine de migrants, hommes, femmes et enfants, à recourir à cette installation de fortune avec le soutien de l’Association Un toit c’est un droit. 
Ce n’est pas faute d’avoir alerté les autorités : même un hébergement sur le Camping des Gayeulles a été refusé par la Ville.
Attend-on qu’il y ait des blessés pour enfin leur accorder un hébergement décent et la sécurité dont ils croyaient pouvoir enfin trouver en France ?

Rennes. L’émotion après l’agression nocturne d’un camp de migrants

 

Ce week-end, des migrants ont été agressés dans leur campement à Rennes, dans le quartier de Cleunay. Plusieurs associations s’indignent.

Dans la nuit de vendredi à samedi, vers 3 h du matin, « des individus (trois, puis sept hommes) ont fait irruption par deux fois dans leur campement de fortune, en frappant sur leurs tentes avec des objets métalliques, en proférant des injures à caractère raciste et en jetant au sol leurs maigres provisions alimentaires. En menaçant aussi de revenir », décrit le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap), qui s'est rendu sur place le lendemain, avec le collectif Un toit, c'est un droit.

Une plainte déposée

Pas de blessé, ni de dégâts, mais la soixantaine de personnes qui dort là sous des toiles de tente vit désormais dans la peur. Une plainte a été déposée. Le Mrap Ille-et-Vilaine prévoit de saisir le procureur de la République « pour qu'une enquête sérieuse soit menée et des poursuites engagées envers les coupables. »
Le Collectif antifasciste rennais s'indigne également, en regrettant le « tournant notable » de la politique migratoire en France.



Dans la nuit du 1er au 2 août à Rennes, la soixantaine de migrants campeurs regroupés à Cleunay - faute d'autre solution d'hébergement - a subi les assauts de huit individus armés de chaînes de métal. L'agression nocturne s'est voulue spectaculaire (rodéos de voitures, saccages). Elle a été explicitement raciste.
Les élus rennais d'EELV et du Front de Gauche s'indignent devant cette violence, cette lâcheté insupportable.
Depuis trop longtemps victimes de l'indifférence de l'État qui n'assure pas son devoir d'accueil et d'hébergement digne, ces personnes migrantes subissent désormais l'hostilité de Français haineux constitués en groupuscules défiant l'état de droit.

Si le logement des personnes migrantes est compétence d'État la violence exercée à l'encontre de plus vulnérables doit inquiéter une municipalité de Gauche. La Ville doit prendre ses responsabilités et doit agir comme d'autres villes l'ont fait (Grenoble, Bourg-en Bresse). A défaut, ce type d’incident grave se reproduira avec potentiellement des issues dramatiques. Nous encourageons à l'ouverture d'un dialogue avec les militants des organisations et associations qui soutiennent les migrants afin de prendre très rapidement des décisions claires et efficaces, pour la mise à l'abri de ces familles.

 Les élus des groupes Les Ecologistes, d'Ensemble et du Parti de Gauche




dimanche 3 août 2014

Agression raciste sur le campement de Cleunay

Dans la nuit du 2 août, les migrants qui ont trouvé refuge sur le campement de Cleunay ont subi une agression raciste : 8 individus armés de barres de fer et de chaînes ont semé la terreur auprès des migrants par 2 fois. Après avoir propagé des insultes racistes et renversé les maigres réserves alimentaires, ils ont pris la fuite en promettant de revenir.
 
Face à cet acte odieux, un rassemblement de soutien a été organisé sur le campement à 18h.

Rennes. Des migrants agressés dans leur campement de fortune

 

Un rassemblement de soutien s’est déroulé spontanément ce samedi soir, à Cleunay. Des migrants affirment avoir été victimes d’une agression raciste la nuit dernière.

Dans la nuit de vendredi à samedi, vers 3 h du matin, les migrants racontent avoir été agressés dans leur un camp de toiles de tente, derrière l'école Champion-de-Cicé.
« Des individus armés de chaînes ont semé la terreur par deux fois, expliquent les militants du collectif Un toit, c'est un droit, présents sur place avec le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap). Après avoir proféré des insultes racistes, ils ont renversé leurs maigres réserves alimentaires, puis ils ont pris la fuite en promettant de revenir. »
Plusieurs migrants se sont rendus hier à l'hôtel de police pour déposer plainte. Pour l'instant, les auteurs n'ont pas été identifiés. Des militants se relaient la nuit pour éviter une nouvelle intrusion. Ils réclament auprès de la mairie une prise en charge au camping municipal des Gayeulles, avec de meilleures conditions sanitaires et de la sécurité.
 

dimanche 27 juillet 2014

Une cinquantaine de migrants installés dans des tentes à Rennes (France 3)

A défaut de logements, des migrants sont actuellement une cinquantaine dans un campement de fortune, au sud de Rennes. Beaucoup d'enfants et deux femmes enceintes, qui sont installés dans des tentes, sans eau ni toilettes, depuis le 11 juillet.
  • Leïla Marchand
  • Publié le 24/07/2014 | 12:41, mis à jour le 24/07/2014 | 12:41
© France 3
© France 3

Ils viennent d'Europe de l'est, d'Asie ou d'Afrique, primo-arrivants ou ballotés depuis des années entre les centres d'hébergement saturés du 115. Alors ils sont arrivés là à Cleunay, entre une école et des jardins familiaux.
Une cinquantaine de personnes dont 17 enfants mais aussi deux femmes enceintes sont installés dans des toiles de tente. Ils attendent une expulsion, ou une régularisation, comme cette famille arménienne avec deux fillettes nées en France, et une autre à venir en novembre :

https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=wn7UgypgmU4


Ils attendent, sans pouvoir agir ni travailler. La moitié de ces migrants est mineure, et si la solidarité des militants et des voisins fonctionne pour leur offrir un minimum vital, y compris alimentaire. Le campement n'a rien de luxueux, comme le décrit cet homme :

https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=1OA4JJEcvuE

Silence côté préfecture, c'est à dire de l'Etat, dont c'est pourtant la compétence et pas de vraie unanimité sur la question à la mairie.
Chez les écologistes alliés au Front de Gauche, on verrait d'un bon oeil le déplacement immédiat du campement vers le camping municipal des Gayeulles tout en cherchant des solutions plus pérennes.
En attendant, si le campement actuel a presque un air de vacances sous ce soleil, il est difficile d'oublier qu'il n'est qu'une solution d'urgence.

mercredi 23 juillet 2014

Les migrants veulent aller aux Gayeulles (Ouest-France 23/07/14)


Les élus écologistes et du Parti de gauche militent pour une mise à disposition du camping municipal. La Ville refuse et préfère mettre en avant « un suivi individuel » des demandeurs d'asile.

C'est sur un terrain municipal derrière l'école Champion-de-Cicé, dans le quartier de Cleunay,qu'une soixantaine de migrants onttrouvé un refuge précaire. Ils sont
Géorgiens, Albanais, Arméniens,Mongoles... Parmi eux, il y a deuxfemmes enceintes et 23 enfants.
Le11 juillet, ils ont dressé des tentes,avec l'aide de l'association Un toitc'est un droit. Depuis, ils vivent là,dans des conditions précaires, en attendant mieux. Certaines familles
avaient occupé l'église Saint-Marc de Villejean, l'hiver dernier.
L'accord des municipales

« La situation de ces familles relève d'une compétence de l'État.Ce dernier est gravement défaillant dans ce dossier en refusant d'apporter les réponses adaptées.
Ce désengagement de l'État est inacceptable, ont réagi, hier, ValérieFaucheux, présidente du groupe Ensemble Front de gauche (FDG), et Matthieu Theurier,
président du groupe écologiste, au conseil municipal de Rennes.
Face à cette situation d'urgence sur son territoire,la ville de Rennes se doit d'agir.Des nuitées d'hôtel sont proposéesaux plus fragiles. Cette réponse, sielle permet de protéger provisoirement les familles avec jeunesenfants, nous semble coûteuse et peu adaptée. »
Dans un communiqué, les élus des groupes Les Écologistes, EnsembleFDG et Parti de Gauche FDG refusent toute « expulsion sèche »et souhaitent une mise à disposition du
camping municipal des Gayeulles enattendant qu'une solution pérenne soit trouvée pour ces familles.
"Laville humaniste à laquelle nous aspirons est une ville qui, en pleine et réelle intelligence, met à l'abride façon durable des personnes qui depuis des mois errent sur
notre territoire. L'accord de fusion de la liste Changez la ville et de la liste socialiste prévoit plusieurs actions en ce sens. Il doit désormais être mis en oeuvre. »
« 60 nuitées »
L'occupation du terrain est illégale et ne doit pas perdurer, tient à rappeler Sébastien Sémeril, maire-adjoint. « La Ville ne souhaite pas ouvrir le camping municipal pour accueillir
ces demandeurs d'asile. Cette question relève de la compétence de l'État. Mais nous prenons notrepart dans l'accompagnement de ces personnes, avec notamment la
plate-forme Coorus qui complète le dispositif d'hébergement del'État, et la permanence des élus qui, toute l'année, sont à l'écoute.
La semaine passée, 60 nuitées ont été accordées pour les familles de Cleunay avec des enfants mineurs. »
La Ville préfère mettre en avant « un suivi individuel de ces demandeurs d'asile en lien avec les services de la préfecture. Une méthode plus discrète qu'un communiqué
pour tenter d'améliorer les choses. »

S’appuyer sur les associations pour apporter une réponse humaine aux migrants de Cleunay





Communiqué de presse - le 23 juillet 2014

Depuis le 30 juin, soixante migrants sont laissés à la rue à Rennes chaque soir. Après avoir sollicité vainement les services de la Préfecture et la Ville de Rennes, les migrants, soutenus par l'association « Un toit, c'est un droit », ont dressé des tentes à  Cleunay sur un terrain municipal aux abords des jardins familiaux. Ce campement de fortune installé depuis le 11 juillet dans des conditions très précaires accueille aujourd’hui une soixantaine de personnes, dont 2  femmes enceintes et 23 enfants. Des familles qui pour la plupart sont connues depuis le squat de l'église St Marc. 

La situation de ces familles relève d’une compétence de l’État.



Ce dernier est gravement défaillant dans ce dossier en refusant d’apporter les réponses adaptées. Ce désengagement de l’État est inacceptable. Face cette situation d'urgence sur son territoire, la Ville de Rennes se doit d’agir. Des nuitées d'hôtel sont proposées aux plus fragiles. Cette réponse, si elle permet de protéger provisoirement les familles avec jeunes enfants, nous semble coûteuse et peu adaptée. D’autant que dans le même temps une procédure d'expulsion du terrain est engagée. 

Les élus des groupes Les Écologistes, Ensemble-FDG et  Parti de Gauche-FDG refusent toute « expulsion sèche » et souhaitent une mise à disposition du camping municipal des Gayeulles en attendant qu’une solution pérenne soit trouvée pour ces familles. Leur accompagnement pourra alors continuer à être assuré par « un Toit, c’est un droit » dans le cadre d’une convention avec notre collectivité. L'association a d’ailleurs fait une proposition en ce sens à la mairie. Nous ne pouvons comprendre ni accepter le refus actuel d’un véritable travail commun avec les associations de soutien aux personnes migrantes. 

La ville humaniste à laquelle nous aspirons est une ville, qui en pleine et réelle intelligence, met à l'abri de façon durable des personnes qui depuis des mois errent sur notre territoire. L’accord de fusion de la liste « Changez la ville » et de la liste socialiste prévoit plusieurs actions en ce sens (recensement des logements vacants, soutien aux associations œuvrant auprès des personnes sans domicile, élargissement de la plate-forme COORUS). Il doit désormais être mis en œuvre.  

Valérie Faucheux, Présidente du groupe Ensemble-FdG à la Ville de Rennes
Matthieu Theurier, Président du groupe écologiste à la Ville de Rennes

mardi 15 juillet 2014

Campement de migrants à Cleunay

Dans la chaleur estivale et l'indifférence quasi-générale, un campement de migrants soutenus par "Un toit, c'est un droit" est établi depuis le jeudi 11 juillet au cœur de Cleunay, derrière l'école Champion de Cicé, sur un terrain municipal aux abords des jardins familiaux.



Ce soir, 46 personnes dorment dans ce campement dans des conditions très précaires : 12 familles, 18 mineurs, 1 femme enceinte.
Combien seront-ils demain ? Combien de temps ce campement va t-il tenir ???

jeudi 10 juillet 2014

Urgent : Migrants à la rue !

Nous savons dores et déjà que plusieurs familles vont se retrouver à la rue ce soir, davantage dimanche quand l'hébergement solidaire sera terminé, et plus encore quand le Réseau d'accueil Bienvenue fera sa coupure estivale. Le 115 est déjà totalement saturé, aucun frémissement du côté des autorités :
  • Nous n'aurons vraisemblablement d'autre solution que de monter un campement si rien ne bouge d'ici dimanche !
Mais nous manquons de matériel (tentes, matelas mousse, réchauds de camping, bidons, etc). En cette période estivale, les sans-abris pont également besoin de présence militante :
Rendez-vous aujourd'hui jeudi 10/07, 18 h à l'arrêt Champion de Cicé (bus n° 9) pour ceux qui seront disponibles : on tâchera d'établir un planning de présences et d'envisager collectivement la suite

Merci de relayer dans vos réseaux. 

mercredi 9 juillet 2014

Soutien aux éxilés de Calais



Après la rafle de 600 migrants à Calais le 2 juillet, 200 exilés en demande de protection ont été  enfermés dans des centres de rétention en France.
19 migrants érythréens et soudanais ont été placés au CRA de Rennes. Après 4 jours d'enfermement, ils ont été libérés par la préfecture du Pas de Calais avant d'être présenté devant le JLD. Ainsi pas de trace d'une procédure bâclée qui méprise la loi et les hommes et des violences policières.

A la sortie du CRA, les exilés de Calais ont été pris en charge à la sortie du CRA par des militants qui les ont conduit dans un local mis à disposition par le Parti de Gauche. Ils y ont passé la nuit avant leur présentation devant le TA pour contester leurs OQTF.  

Compte-rendu "personnel'" de l'audience devant le TA par X. , militant du Collectif sans-pap de Rennes, morceaux choisis: 
Pas moins de 4 avocat-e-s se sont succédé pour plaider les 19 dossiers, qui ont occupé près de 3 heures d’audience. Les migrants sont passés par « paquets » de 2 à 6, en fonction des avocat-e-s, des pays d’origine, des situations. La juge administrative était particulièrement attentive et soucieuse de donner la parole aux migrants. Elle a décidé de prendre le temps de répondre sur les requêtes si bien que ses décisions ne tomberont que dans les jours à venir.

Petit voyage donc en Etat de droit(e) car, Etat de droit oblige, il fallait bien appuyer juridiquement la rafle et la mise en rétention arbitraire de ces centaines de migrants par notre état stationnaire de droite. Petit voyage qui permet de comprendre comment le « socialisme » contribue activement à la décomposition de toute confiance dans le Droit, cette vague institution qui a pu – un temps – nous bercer dans l’illusion de l’égalité (face à la loi).

Lors de leur rafle, les 19 migrants, ont tous été présentés à la police du Nord Pas de Calais et ont eu « droit » à une audition qui a systématiquement débouché sur la délivrance d’une OQTF et sur la mise en rétention. Ce matin, pour se défendre face aux recours des 19 migrants, la préfecture n’était pas représentée, n’a envoyé aucun mémoire en défense et s’est contentée de faire parvenir les PV d’audition policière ainsi que quelques vagues « preuves » assez éloignées de la conception que l’on peut avoir d’un travail préparé. Cette absence de préparation en dit déjà long sur le détournement de procédure qu’ont constitué la délivrance d’OQTF et la mise en rétention pour justifier la rafle et la dispersion géographique de ce que nous appelons, nous à gauche, des êtres humains.
Les 4 avocat-e-s ont pu alors s’en donner à cœur joie pour démonter consciencieusement tout le pseudo arsenal juridique utilisé par le Pouvoir rafleur. Les 4 ont attaqué la délivrance d’OQTF, les pays de renvoi, la mise en rétention. Et là festival d’arguments !

OQTF stéréotypées car pré rédigées avec mentions inutiles à rayer !

PV d’audition à charge qui négligeaient largement la trajectoire des migrants pour en venir au plus vite à la question de l’accord pour le retour et du droit préfectoral de délivrer des OQTF et d’enfermer en centre de rétention.

Absence de motivation des OQTF, voire de graves erreurs de motivation.

Absence d’examen de la situation personnelle de chaque migrant, comme le révèle la durée des auditions pour chacun (5 minutes !!!). Rien ou presque sur les motifs personnels, sur les persécutions, sur la vie privée et familiale, voire sur la date d’entrée en France. C’est vrai, c’est chiant à demander et à écrire mais c’est un droit des migrant-e-s de « raconter » cela avant qu’une décision ne soit prise !

Pour les migrants arrivés en France depuis quelques jours à peine, négligence totale du fait qu’ils souhaitent demander l’asile ou que la demande d’asile ne se fait pas sans avoir réglé deux ou trois trucs matériels (domiciliation, hébergement, nourriture, informations pour s’orienter).

Arrivée tardive des interprètes (au moment de la signature des PV d’auditions mais pas pendant leur déroulement) et des interprètes en anglais seulement.

Érythrée et Soudan désignés comme pays de renvoi…comme s’il s’agissait de simples destinations touristiques…

Article 3 et article 8 de la Convention européenne des Droits de l’Homme systématiquement cités comme n’ayant pas été violés, ce qui revient à dire que la préfecture a bien appris à se torcher avec cette convention lors des rafles !

Violation de l’article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne qui proclame « le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre », autrement dit le droit de toute personne de faire des observations orales ou écrites face à ce qui lui arrive de négatif. Ce qui suppose plus de 5 minutes…

Ce festival concernait les 19 migrants mais plusieurs avaient en plus une histoire singulière qui en disait long sur le rapport au droit de la préfecture 62.

L’un était convoqué le 3 juillet à la préfecture pour déposer sa demande d’asile et il avait une convocation écrite ! Rien à foutre, OQTF quand même ! Et rétention quand même !

Deux autres avaient déjà une OQTF délivrée à la mi-juin mais avec un délai de 30 jours pour quitter le territoire. Rien à foutre, en rétention quand même !

Deux autres avaient un papier attestant qu’ils devaient rencontrer à Calais l’association chargée de leur expliquer les démarches d’asile. Rien à foutre, OQTF quand même ! 
Un autre était mineur mais rien à foutre, démarche d’expulsion et en rétention quand même !

Plusieurs avaient dans leur PV d’audition quelques éléments concernant leurs motifs de départ et les persécutions subies. On s’attend alors à trouver dans le PV une explicitation des démarches à faire en vue de demander l’asile. Mais non, la présentation des horreurs vécues est aussitôt suivie de la question sur l’accord pour le retour et sur la connaissance du droit préfectoral de délivrer une OQTF et d’enfermer. Le droit d’asile, rien à foutre aussi !
  
Voilà où on est dans un pays qui ose mettre en place un contrat d’accueil et d’intégration sur les valeurs républicaines avant de permettre à un-e étranger-e non UE de s’installer en France.

Le plus fou était de voir ces 19 migrants d’une vingtaine d’années, sans doute perdus car récemment arrivés en France et ne parlant pas français, déjà violentés dans leur parcours d’exil, maltraités depuis qu’ils sont arrivés en France, raflés, enfermés de manière arbitraire, libérés sans comprendre, etc., en train de demander à la France de les accueillir, même en prison car ce sera moins pire que là-bas…
  
Sur ces 19 migrants, 14 sont repartis pour Calais ce soir.
  

A la sortie du TA, les 5 soudanais qui ont choisi de rester à Rennes souhaitent "bonne chance" à ceux qui repartent pour Calais.
Les exilés de Calais restés à Rennes ont été pris en charge par les militants de "Un toit, c'est un droit".

 http://www.rennes.maville.com/actu/actudet_-rennes-19-migrants-de-calais-devant-le-tribunal-administratif_fil-2582559_actu.Htm