mardi 25 novembre 2014

2 évènements à ne pas manquer

1. Projection / Débat 

Dans le cadre de la solidarité internationale, la MIR et "Un toit, c'est un droit" présente le samedi 29 novembre à 20h à la MIR (7 quai Cateaubriant) "Rennes, ville refuge", un documentaire de Brigitte Chevet réalisé pour Arte en 2013.
PROJÉCTION-DÉBAT "Rennes, ville refuge", documentaire (2013) de Brigitte CHEVET
 
La critique TV de Télérama du 12/10/2013 : Tchétchènes, Arméniens, Mongols... les demandeurs d'asile arrivent de plus en plus nombreux en Ille-et-Vilaine, département réputé, au sein des filières de migration, pour sa plate-forme d'accueil.
A Rennes, les centres d'hébergement sont débordés, et des habitants se mobilisent pour accueillir des familles chez eux ; les Restos du coeur sont le théâtre de tensions vives entre Français en difficulté et étrangers — trop de familles à nourrir. Dense et hyperactif, le réseau associatif multiplie les actions coups de poing, alerte les autorités et squatte des lieux publics pour y loger les migrants sans toit. Souhaitant privilégier un accueil « décent » et organisé, la municipalité, socialiste, se heurte aux associations et procède chaque fois à l'évacuation de ces squats. Une élue avoue avoir durci son discours au fil des années, au contact de la réalité du terrain. Comment garder ses idéaux de gauche quand un accueil inconditionnel des demandeurs d'asile se révèle impossible ?
Avec intelligence et mesure, la réalisatrice Brigitte Chevet confronte la révolte des militants associatifs, aux prises avec des histoires individuelles intolérables, au pragmatisme des politiques. Elle dresse le constat d'une situation inextricable. L'exemple rennais devient alors le symbole d'un système d'asile « à bout de souffle », comme le qualifiait récemment le ministre de l'Intérieur Manuel Valls.
 
Un an plus tard, le contexte local a évolué... 
En présence de la réalisatrice, le débat qui suivra sera l'occasion de faire  le point sur les conditions d'accueil à Rennes avec les militants et des migrants qui témoigneront de leur vécu. 

2. Marchés du Monde

"Un toit, c'est un droit" et les migrants participeront à cet évènement qui se déroulera dimanche 30 novembre de 11h à 19h à la Halle Martenot :

Une quarantaine d’associations internationales proposeront des objets d'artisanat, des vêtements, des bijoux, des produits culinaires d’Afrique, d’Asie, d’Amérique du Sud et d’Europe. L’occasion de trouver des cadeaux originaux, de participer à des ateliers de réalisation d’objets traditionnels, de goûter des plats aux milles saveurs, de voir des expositions et des spectacles de danses et chants du monde, tout au long de cette journée où convivialité rime avec solidarité.


 

mardi 18 novembre 2014

2013 -2014 : la situation du logement et du non-logement


Le logement sur le plan national 

Dans un contexte général de dégradation de la situation sociale et économique, la part du logement dans le budget des familles est devenue de plus en plus importante : pour un ménage sur 2, cela représente plus de 18, 5 % des dépenses et, pour 1 locataire sur 5 dans le privé … plus de 40 % !

  • Les promesses de constructions de logements sociaux (150 000 par an) et de cités universitaires (40 000 sur 5 ans) n'ont pas été tenues. Malgré une augmentation annoncée de 5 000 places en 2013, le nombre de places en CADA reste encore très insuffisant : 31, 5 % des demandeurs d'asile n'y ont pas accès.
  • La très « maigre » loi sur la régulation des loyers (Alur, janvier 2014) avant même d'avoir été mise en place a été remise en cause (cf : amendements de juillet 2014 sur la possibilité de « simplification » par ordonnances). Toutefois ses circulaires d'application concernant la non-expulsion pendant la trêve hivernale semblent s'appliquer maintenant aux squats.
  • Depuis 15 ans, aucune utilisation de la loi sur la réquisition des bâtiments vides d'octobre 45

Les conséquences directes en sont un renforcement de la paupérisation, une augmentation du nombre de logements indignes et insalubres et de plus en plus de gens à la rue. Avec la politique d'austérité choisie par le gouvernement, cette dégradation ne pourra que s'accentuer à l'avenir d'autant que, avec les transferts de charges sur les collectivités locales et les baisses de subventions, celles qui menaient encore jusqu'ici une politique sociale locale acceptable auront de plus en plus de mal à continuer (ex : la ville de Rennes va être contrainte de faire 500 000 euros « d'économies » cette année).

Le logement en Bretagne  (d'après une enquête de la Fondation Abbé Pierre)

  • 1 Breton sur 10 vit au-dessous du seuil de pauvreté (- de 924 euros par mois)
  • Le surendettement a progressé de 30 % en 5 ans
  • 75 000 logements sont jugés indignes et 27 000 insalubres (d'après les critères de la loi du 24/03/2014)

C'est symptomatique du manque criant de logements sociaux dans une région qui accueille 26 000 habitants supplémentaires par an. S'il n'y a pas (encore !) d'explosion des expulsions c'est parce que les gens rognent sur tout : électricité, chauffage, santé, loisirs. Si c'est moins dramatique que dans certaines autres régions, c'est très loin d'être brillant !

La population à la rue sur le plan national  (d'après le baromètre de la FNARS ; NB : sont comptabilisés les appels décrochés uniquement)

  • + 10 % de demandes d'hébergement d'urgence en un an dans 37 départements, et ce malgré une augmentation de 15 % des places au 115
  • Ceux qui ont appelé pour la première fois sont majoritairement des hommes seuls, français et de moins de 25 ans. Au fil des années, le public est de plus en plus jeune.

C'est bien la preuve que la crise s'étend et touche la jeunesse de plein fouet (générations sacrifiées par le chômage). Il y a fort à parier que le traitement réservé aux publics à la rue, jugés aujourd'hui marginaux, touchera demain d'autres couches de la population. Ces publics méritent donc une attention particulière : ils sont, toutes catégories confondues, des sortes « d'échantillons-tests » du traitement réservé à l'ensemble de la population demain … si celle-ci l'accepte aujourd'hui !

Qui sont les gens à la rue qui appellent le 115 ?

  • 9 % de femmes seules
  • 9 % d'étrangers de l'UE
  • 35 % d'hommes seuls
  • 36 % de Français
  • 49 % de familles (+ 15%)
  • 49 % d'étrangers hors UE


Comment sont traités les appels à l'aide ?

  • 61 % globalement de réponses négatives par le 115
  • 72 % des appels des familles ne sont pas satisfaits (+ 23 % en un an)
  • 49 % des demandes faites par des Français ne reçoivent pas de réponses positives
  • + 12 % d'hébergement en hôtels en un an
  • 66 % des demandes faites par des étrangers de l'UE ne reçoivent pas de réponses positives et 68 % s'ils sont hors UE (+ 4 % en un an)


Faute d'une politique sociale à la hauteur, l'État engraisse de plus en plus de marchands de sommeil. Contrairement à ce qui est dit par l'extrême droite, la population française n'est donc pas moins bien traitée que la population étrangère. Les places au 115 sont très insuffisantes et pas adaptées aux familles. Celles-ci sont donc tentées d'appeler à longueur de journée (quand les jeunes hommes célibataires abandonnent eux plus « facilement ») : les appels des familles sont donc en nette augmentation (+ 22%) par rapport à l'ensemble des appels or les familles sont majoritairement étrangères. L'augmentation de leurs appels ne signifie pas que les étrangers seraient plus nombreux et « prendraient la place des Français » dans les foyers : soyons vigilants sur l'interprétation qui peut être faite de certaines données.

La population à la rue en Bretagne

  • L'Ille-et-Vilaine est dans le peloton de tête pour les refus d'hébergement d'urgence liés au manque de places.
  • Idem pour le nombre de personnes toujours pas hébergées malgré plusieurs demandes
  • Si la proportion globale du nombre de refus par rapport au nombre d'appels baisse dans le 35 c'est parce que seuls les appels décrochés comptent : pas assez de travailleurs sociaux, moins d'appels décrochés … bons % pour le Ministère ! (Là encore, attention aux interprétations ...)

Sur l'Ille-et-Vilaine : (d'après bilan SIAO) 

 

  • Malgré une augmentation du nombre de demandes (+ 8,5 % en 1 an, + 22,08 % en 2 ans), le nombre d'appels traités a baissé (- 5,35 % en 1 an).
  • Des chiffres qui sont particulièrement parlant : 3 703 personnes différentes, soit 2 650 ménages différents ont fait une demande en 2013, dont 650 enfants, 105 ayant moins de deux ans.....
  • Répartition des demandes et de l'hébergement réalisé :


Demandes faites
Hébergement réalisé
Public hors UE
54,5 % des demandes
(contre 48,79 % en 2012)
53,42 % du public hébergé
Public français
33,68 % des demandes
(contre 36,88 en 2012)

Hommes seuls
41,43 % des demandes
(contre 48,20 % en 2011)
Hommes et femmes seuls : 50 %
Familles avec enfants
40,93 % des demandes
(contre 32,99 % en 2011)
(entre 2011 et 2013 :+ 24 % de couples avec enfants, + 32 % de femmes seules avec enfants)
44,8 % du public hébergé
Enfants de moins de 17 ans
21;34 % des demandes
(contre 15,59 en 2011)


  • 73,63 % des demandeurs français sont seuls
  • 61,11 % des femmes seules avec enfants sont hors UE
  • 45,15 % de réponses négatives (dont 67,69 % pour manque de places)
  • Total des places toute l'année 2013-2014: 223 (ou 201?) + 4 pendant trêve hivernale + 84 si grands froids
  • Taux d'occupation des structures : 96 % (sachant que certaines ont des taux très bas : 3,8 % HAP Cancale, 16,4 % Emmaüs Hédé, etc)
  • Estimation : + ou – 400 personnes à la rue à Rennes
  • Indignité de l'abri de nuit : Nous savons seulement que pour répondre à ces 54,85 % de demandes négatives, un abri de nuit sera ouvert de 23 h à 6 h 30, dans un lieu difficilement accessible, offrant 30 places de repos ... sur des transats...

Pourquoi ne les voit-on pas toutes dans la rue ?

  • Hébergement par des compatriotes (surpopulation dans les logements)
  • Squats (+ ou – 200 personnes)
  • Hébergement solidaire
  • Suite aux pressions des associations et avec l'appui des élus Changez la Ville, hébergement en hôtel par la mairie, depuis le mois d'août, pour les familles sans OQTF : rien pour les familles avec OQTF, rien pour les célibataires, hébergement mouvant d'où des difficultés de scolarisation, à la rue dans la journée, impossibilité de cuisiner, problèmes de santé, coût élevé pour la mairie (alors qu'objectivement, c'est de la responsabilité de l'État).
  • Pour rappel, le dispositif rennais COORUS est toujours bloqué à 95 places (alors que des besoins existent et que d'autres communes seraient candidates) : la préfecture n'a toujours pas versé la participation promise par l'État et reste hostile au dispositif.

En conclusion

La FNARS parle elle-même de « situation humanitaire dramatique ». 
Elle demande :

  • un moratoire immédiat de la fermeture prévue de certains centres au niveau national
  • la mobilisation du parc privé et public
  • une loi de programmation pour les logements très sociaux
Les associations demandent :

  • l'hébergement inconditionnel et dans la continuité pour tous
  • l'augmentation du nombre de places en CADA et 115
  • un lieu d'accueil de jour
  • l'application de la loi de réquisition
  • au minimum dans l'immédiat, la mise en place avec les autorités locales d'un système de conventionnement pour mettre temporairement les gens à l'abri dans des logements inoccupés (et éventuellement voués à une démolition ultérieure)

Cette année à l'entrée de l'hiver, contrairement aux autres années, le plan hivernal n'a pas été publié.

Un toit c'est un droit, ne nous habituons pas à l'inacceptable !





vendredi 7 novembre 2014

Un nouveau squat et 2 nouvelles procédures d'expulsion...

Sans attendre l'évacuation policière, la quarantaine de personnes (dont la moitié de mineurs), qui occupait un bâtiment communal à Maurepas a quitté les lieux à la date butoir fixée par la justice. Malgré les promesses de la Ville de Rennes, aucun diagnostic social n'a été établi avant le départ de ces familles pour étudier d’éventuelles solutions de relogement.


Ces familles roms de Roumanie occupent depuis le 11 octobre une maison située à la Mézière appartenant à l’Établissement Public Foncier de Bretagne, dont la Commauté de communes du Val d'Ille a la jouissance.
C'est le 4e squat pour ces familles qui vivent dans une grande précarité depuis 2 ans sur notre territoire.

La Communauté du Val d'Ille a porté plainte à la gendarmerie contre cette occupation illégale et demande une expulsion sans délai avec une astreinte de 2000 € par jour de retard, alors qu'elle ne justifie d'aucun projet à court terme sur ce bâtiment.

L'assignation en référé est prévue le 21 novembre à 9h15 devant le Tribunal d'Instance de Rennes. 


Un second squat occupé par les familles roms est également menacé d'expulsion. 

 Ouvert depuis le 1er août 2013, une trentaine de personnes occupe cette ancienne ferme vacante depuis des années située dans la zone d'activités des Loges à Chantepie. Tous les enfants sont scolarisés sur la commune. 
Après plus d'un an d'occupation, le propriétaire privé demande l'expulsion du bâtiment.Toutes les familles sont également convoquées devant le Tribunal d'Instance de Rennes le 21 novembre à 9h15.  

Ces 2 audiences sont reportées au vendredi 12 décembre à 9h.


lundi 3 novembre 2014

L'AG statutaire annuelle de l'association "Un toit c'est un droit" se tiendra :

le mercredi 19 novembre à 20 h à la MIR (7 quai Chateaubriand, Rennes)
A l'entrée de l'hiver et juste après la réunion de concertation associations-Mairie de Rennes, ce sera l'occasion de faire le point sur l'année écoulée, la situation présente, les diverses démarches engagées et les actions prévues.

Ce sera aussi l'occasion de renouveler le Conseil d'Administration de l'association.

Comptant sur votre présence.

vendredi 17 octobre 2014

Le squat de Noyal Chatillon menacé d'expulsion


France 3 - Marc-André Mouchère
 
 http://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/2014/10/17/le-squat-de-noyal-chatillon-menace-d-expulsion-573382.html

34 personnes dont 10 enfants ont trouvé refuge dans cette maison vouée à la démolition. Il s'agit de demandeurs d'asile et les hébergements d'urgence sont à cours de solutions. Soutenus par l'association "Un toit c'est un droit" ils sont à l'audience du Tribunal d'Instance de Rennes ce matin.

La maison de Noyal Chatillon vouée à la démolition © association Un toit c'est un droit

Assignés au Tribunal d'Instance

Depuis 9 heures ce matin 5 familles de demandeurs d'asile sont en audience avant expulsion. Il s'agit pour elles de savoir dans quels délais elles risquent de se retrouver à la rue avec leurs enfants à l'arrivée de l'hiver.

 Hébergements saturés

C'est un problème récurrent dénoncé par les associations qui défendent le droit au logement et les demandeurs d'asile. On se souvient du squat de Pacé puis du squat de l'église Saint Marc à Rennes. Une partie de ces migrants sont ballotés ainsi d'un squat à l'autre dans des conditions souvent insalubres et précaires. Ils viennent du Kosovo, d'Arménie, d'Albanie ou du Nigéria. Certains sont en cours de demande d'asile, ou en recours contre une éventuelle reconduite à la frontière.

L'Association "Un toit c'est un droit" espère un délai d'expulsion suffisament long pour trouver de meilleures solutions d'hébergement.

Alors que l'avocat du propriétaire demandait une expulsion sans délai (48 h), 

le juge a mis la décision en délibéré pour le 7 novembre.

jeudi 16 octobre 2014

L'hébergement des familles à l'hôtel, un désastre sanitaire et social

Nous dénonçons régulièrement le choix de l'hébergement hôtelier privilégié par l’État, comme par la collectivité locale notamment à Rennes, pour mettre à l'abri les familles.

Une enquête du samu social de Paris publiée le 1er octobre confirme que cette solution est inadaptée et onéreuse et qu'il est urgent de développer de nouvelles alternatives pour l’accueil des familles :
http://www.samusocial-75.fr/wordpress2/wp-content/uploads/2014/10/ENFAMS-rapport-final.pdf























mercredi 8 octobre 2014

Communiqué de presse

Le 7 octobre 2014

Lundi 6 octobre vers 10h, un homme a fait irruption dans la préfecture d'Ille et Vilaine brandissant
une barre de fer et menaçant de s'immoler avec un bidon d'essence. « Il a été neutralisé par un
policier qui lui a tiré une balle dans la jambe » (Ouest-France du 6/10/14).

Comme l'a reconnu le Préfet, le « forcéné » n'était pas un « clandestin », mais un ressortissant
congolais qui tentait vainement de renouveler son titre de séjour de 10 ans depuis le mois d'août.
De tels faits étaient tristement prévisibles...
Depuis des mois, les associations ne cessent de dénoncer les conditions d'accueil à la préfecture
d'Ille et Vilaine.
Les files d'attente ont miraculeusement disparu depuis le 1er mai, l'administration préfectorale
obligeant les étrangers à prendre un rendez-vous uniquement par internet avant de se présenter
au guichet. Cependant les humiliations, les abus de pouvoir et l'arbitraire préfectoral subsistent,
encouragés par une législation qui laisse une marge de manoeuvre à l'administration et au bon
vouloir du chef de service.
Le MRAP 35 a saisi depuis des mois le Défenseur des droits, en tant que médiateur de la
République, pour dénoncer ces dysfonctionnements.

Cette maltraitance institutionnelle est génératrice de tensions et de souffrances qui peuvent
conduire à des comportements irrationnels chez des personnes fragilisées maintenues dans une
vulnérabilité et une précarité intolérables.
Il est difficile de ne pas faire le lien entre la déconsidération dont font l’objet les étrangers et le
manque de moyens alloués aux services qui en ont la charge, et ce n'est pas l'embauche d'un
vigile supplémentaire qui permettra de mettre un terme au traitement indigne dont sont victimes les
personnes étrangères.

Signataires : MRAP 35 – RESF 35 – EELV Rennes – Front de Gauche Rennes – Un toit, c'est un
droit – Bienvenue ! - LDH Rennes – Cimade Rennes.

jeudi 2 octobre 2014

Audience pour l'expulsion du squat de Noyal Chatillon

34 personnes, dont 10 enfants, sont assignées devant le tribunal d'instance de Rennes vendredi 17 octobre à 9h.
Ils occupent depuis le 5 avril 2014 une maison vouée à la démolition sur la commune de Noyal Chatillon.  


Ces personnes sont aujourd'hui menacées d'expulsion et risquent de se retrouver à la rue dans quelques semaines.

Venez les soutenir devant la cité judiciaire dès 8h30 vendredi 17 octobre

Pas d'expulsion sans relogement !

Réunion publique le 15 octobre 2014

L'association "Un toit c'est un droit" vous invite à sa réunion publique de rentrée 

le 15 octobre à 18 h 30 à la MIR (7 quai Chateaubriand, Rennes)

Nous ferons le point sur la situation des sans-abris durant l'été et à la rentrée et discuterons de nos actions à venir (notamment par rapport à la ville de Rennes).
L'hiver va arriver et il est indispensable d'anticiper ...
Ce sera aussi l'occasion d'affiner nos modalités d'organisation afin que chacun puisse trouver sa place dans l'association, notamment pour les nouveaux adhérents qui nous ont rejoints à l'occasion du campement de Cleunay.

Comptant sur votre présence.

Initiative des riverains de Cleunay



Témoignage sur le campement de migrants à Cleunay/Rennes 11 juillet-31 août 2014

Le 25 août 2014, le tribunal administratif de Rennes a rendu un avis d'expulsion des migrants du campement de Cleunay, au motif de  trouble à l'ordre public.
Nous, habitants du quartier de Cleunay à Rennes, voulons par cette lettre témoigner que Non, il n'y a pas eu trouble à l'ordre public.
Ce campement n'était pas dans le passage, éparpillé, mais dans un coin, ses occupants attentifs à ne pas gêner. Ils faisaient attention à leur environnement, les lieux ont été rendus aussi propres que quand ils sont arrivés.
Nous ne nous sommes pas sentis envahis, les migrants étant plutôt discrets, cherchant à s'intégrer sans s'imposer, ni imposer quoi que ce soit aux habitants du quartier.
Et ceux qui sont allés à leur rencontre peuvent témoigner de la gentillesse de leur accueil. On pouvait y aller sans craintes, avec les enfants, et pour ceux qui le souhaitaient, chercher à comprendre leurs parcours et leurs difficultés.
L'accueil des migrants, le traitement des sans-papiers, l’occupation de l'espace public, tous ces sujets sont difficiles et ce courrier n'a aucune prétention à y répondre, dans un sens ou un autre.
Cette lettre est un témoignage, factuel, du vécu des voisins du campement : Non, il n’y a pas eu de trouble à l’ordre public.

Si vous souhaitez vous associer à ce témoignage, vous pouvez le signer dans les lieux suivants : Antipode/MJC Cleunay 2 rue André Trasbot, Centre Social de Cleunay 49 rue Jules Lallemand, Maison des Familles 2 allée Joseph Gémain.
Le document final sera transmis aux pouvoirs publics et aux associations de soutien.


mardi 23 septembre 2014

Retour sur la convention avec l'ADAPEI 35


Lundi 22 septembre à 9 h, prenait fin le séjour des migrants dans les anciens locaux de France Télécom à Saint Jacques de la Lande, appartenant aujourd'hui à l'ADAPEI 35. Quarante personnes mises à l'abri 10 jours, après la signature d'une convention avec l'association propriétaire.

Ce même jour arrivait également à son terme la convention avec la Ville de Bruz pour la mise à l'abri de 2 familles pendant 6 mois.

Une cinquantaine de personnes ont donc repris leur parcours d'errance entre les heures pendues au téléphone pour décrocher une place au 115 et les files d'attente à la mairie pour obtenir quelques nuits d'hôtel dans des conditions inadaptées pour les familles.

Comme d'habitude, seuls les migrants avec de jeunes enfants sont hébergés pour une semaine par le 115 ou la mairie, les autres (12) sont accueillis dans le cadre de l'hébergement solidaire, pour une nuit. 

Il est important de rappeler le contexte dans lequel s'est signé cette convention pour expliquer sa courte durée :

Les migrants, accompagnés par UTUD, pensaient s'installer durablement dans un bâtiment vacant appartenant à France Telecom.
La désillusion fut grande d'apprendre que l'ADAPEI (Papillons Blancs) avait acquis ce bien pour en faire un ESAT (établissement et service d'aide par le travail pour des personnes handicapées).
Face à cette situation inédite, il n'y avait que 2 solutions : Soit maintenir l'occupation et attendre que le tribunal d'instance décide de la date d'expulsion comme pour chaque réquisition, soit trouver un accord avec l'association pour quitter les lieux sans procédure judiciaire.

Après une journée de dialogues parfois très tendus avec l'ADAPEI, nous avons finalement signé une convention de mise à disposition d'un bâtiment pour 40 personnes du 11 au 22 septembre 2014.
Nous ne pouvons que déplorer la brièveté de cette convention signée dans des conditions difficiles, mais nous avons préféré ne pas retarder le début des travaux de l'ESAT et rester en bon terme avec l'ADAPEI, même si nous savons que sa gestion relève plus d'une entreprise que d'une véritable association.
Les migrants étaient aux premières loges pour assister au Rennes Airshow :
La patrouille de France au-dessus du bâtiment de l'ADAPEI

Certes, nous n'avons toujours pas trouvé de solution pérenne d'hébergement pour les migrants qui mènent une vie infernale (même quand ils sont logés par le 115 ou la mairie) : tout au plus ont-ils pu se (re)poser 2 petites semaines. Et la pression doit continuer pour que l'État assume ses responsabilités.

Mais cette réquisition temporaire, sous convention, aura cependant eu le mérite de faire découvrir à beaucoup la réalité concrète des sans-abris, leur dignité et leur capacité à être respectueux des locaux et des personnes ainsi que celle de l'association à gérer l'occupation avec sérieux en honorant ses engagements. Dans cette période où nous tentons d'obtenir de Rennes Métropole leur accord pour l'occupation conventionnée de bâtiments inoccupés, souhaitons que cette expérience positive lève les dernières réticences.

En quittant les lieux, les migrants ont chaleureusement remercié le représentant de l'ADAPEI qui nous a dit "avoir énormément appris de ces 2 semaines" et qui n'était pas le moins "chamboulé" au moment du départ ...

vendredi 12 septembre 2014

Réquisition avortée, convention signée

Dans la nuit du 10 au 11 septembre, nous avons officialisé l'occupation d'un bâtiment de France Télécom, situé  3 rue du Patis des Couasnes à StJacques, et vacant depuis plusieurs années. 
 

En rencontrant les propriétaires, nous avons découvert que le bien avait été vendu à l'ADAPEI 35, association pour la défense des personnes porteuses de handicap mental.
Les premiers contacts avec l'ADAPEI ont été difficiles, leurs représentants nous reprochant de nous en prendre aux intérêts des personnes handicapés. Nous avons essayé de leur expliquer la situation.
Nous avons alors été confronté à une situation inédite : la police a bloqué l'accès au site, ne laissant plus personne entrer ni sortir !

En fin d'après midi, les représentants de l'ADAPEI sont revenus et nous avons réussi à discuter sereinement avec eux pour trouver un terrain d'entente. Entre associations à vocation sociale, nous avons trouvé un accord amiable sous forme de convention : une mise à l'abri dans un bâtiment voisin pour 10 jours, jusqu'au lundi 22 septembre au matin pour 40 personnes. Malgré une prise de contact imposée et conflictuelle, l'ADAPEI nous aide aujourd'hui matériellement à installer les migrants pour 10 jours dans les meilleurs conditions et nous les remercions.

Un répit pour quelques familles. Cependant, les candidats étaient nombreux et ceux qui n'ont pu être hébergés sont retournés à la rue. Pour eux, la déception est rude !
 
 

mardi 2 septembre 2014

Evacuation du campement de Cleunay

Comme nous l'avions préalablement annoncé avant les vacances, une cinquantaine de migrants ont été contraints de passer l'été dans un campement précaire installé à Cleunay le 11 juillet.
Nous espérions ainsi offrir un refuge aux familles à la rue, tout en interpellant les pouvoirs publics sur leurs obligations légales. Cependant toutes nos propositions ont été rejetées, alors même que le campement avait subi des menaces racistes dans la nuit du 2 août. La mairie de Rennes a refusé de signer une convention nous permettant, à minima, d'héberger et de protéger les migrants sur le camping municipal, pourtant à moitié vide.
La seule réponse municipale face à cette situation d'urgence a été une procédure au TA pour en demander l'expulsion. Parmi les raisons invoquées : trouble à l'ordre public justifié par les menaces racistes dont les migrants furent victimes !

Toutefois, suite à nos pressions conjointes avec les élus de la liste "Changez la ville" (Front de Gauche et Verts), la municipalité rennaise a accepté d'héberger à l'hôtel 6 familles avec enfants, la condition expresse étant qu'elles n'aient pas d'OQTF (obligation à quitter le territoire), excluant ainsi les plus vulnérables. Ces familles ont ensuite dû se présenter quotidiennement à la mairie pour obtenir une seule nuit d'hôtel. Depuis le 28 août, les nuitées d'hébergements sont dorénavant attribuées à la semaine.
Le TA ayant rendu sa décision, le campement devait être évacué au matin du 1er septembre. Le week-end dernier a donc été largement consacré au démontage, grâce à l'aide des sympathisants et aux voisins solidaires qui ont assuré sur place leur soutien matériel et moral.

Afin d'éviter les risques d'arrestation lors de l'évacuation, 19 personnes (parmi lesquelles des enfants) ont été mises à l'abri dimanche soir, grâce à une large mobilisation citoyenne d'hébergement solidaire.

Seuls 7 migrants en « situation régulière » ont passé la dernière nuit sur le campement. La Ville de Rennes a finalement renoncé à faire intervenir les forces de l'ordre et nous avons décidé de plier les dernières tentes, après avoir obtenu la garantie que les 7 personnes seraient relogées.

A 18 h un rassemblement était organisé devant la mairie pour rappeler que toute personne en situation de détresse, quelle que soit sa situation administrative ou familiale, doit être mise à l'abri. Toutes les familles ont finalement obtenu un hébergement de 3 nuits, les célibataires étant une nouvelle fois exclus de toutes propositions de relogement.

Comme l'État, la Ville de Rennes privilégie l'hébergement hôtelier. Nous dénonçons ce choix politique dispendieux. Nous continuons à réclamer la mise en place de conventions d'occupation sur des bâtiments publics vacants, comme nous l'avons fait dernièrement avec le secours-catholique, afin d'assurer un relogement pérenne et un « lieu de vie » adapté aux migrants : possibilité de se poser en journée, de cuisiner, de recréer un « chez soi ».

Aujourd'hui le front national doit être satisfait, lui qui ,dans un tract infâme distribué à Cleunay, soutenait la demande d'expulsion du campement impulsée par la mairie. Mais il y a aussi d'autres citoyens chez qui la colère gronde et qui sont bien décidés à continuer de faire vivre l'humanisme et la solidarité qui les animent.

Faire vivre la solidarité, ce n'est pas demander aux citoyens d'assumer intégralement la charge des carences publiques en les incitant à l'hébergement solidaire, mais exiger des pouvoirs publics qu'ils respectent la loi et utilisent avec discernement l'argent du contribuable.

Signature d'une convention avec le secours-catholique

Au cœur de l'été, alors que toutes les propositions faites par "Un toit, c'est un droit" étaient balayées par la Ville de Rennes, l'association signait une convention avec le secours-catholique de mise à disposition du presbytère de Breteil pour héberger 2 familles géorgiennes, la commune de Breteil s'engageant à prendre à sa charge le coût des fluides.

Les 2 familles géorgiennes devant le presbytère de Breteil

Ce contrat d'occupation à titre précaire est valable 3 mois et renouvelable par tacite reconduction jusqu'au 31 juillet 2015, dans le respect du local mis à disposition.

En espérant que cet exemple inspire d'autres collectivités locales !

mardi 26 août 2014

Décision du TA : Expulsion du campement le Cleunay le 31 août

Il est enjoint aux migrants d'évacuer le terrain de Cleunay avant le 31 août minuit
Passé ce délai, la Ville de Rennes pourra faire procéder d'office à cette évacuation avec le concours de la force publique.

 

Justice à Rennes. Migrants de Cleunay : expulsion le 31 août

 

Le tribunal administratif a tranché en faveur de la Ville de Rennes, mais la juge accorde un délai aux occupants du campement.

L'occupation illégale durait depuis la mi-juillet, dans un jardin public de la rue Champion-de-Cicé, dans le quartier Cleunay à Rennes. Plusieurs dizaines de migrants sans abri s'étaient installés là, sous des tentes, avec le soutien de l'association "Un toit c'est un droit".
Mais jeudi dernier, la Ville de Rennes a assigné les occupants devant le tribunal administratif. Par l'intermédiaire de son avocat, la Ville a demandé l'expulsion, avec recours à la force publique si besoin est. L'avocate des migrants, elle, a demandé un délai jusqu'à début septembre.
La décision est tombée ce lundi comme annoncé. La juge des référés du tribunal ordonne aux 21 migrants encore présents d'évacuer le jardin en question, avant le dimanche 31 août à minuit. Soit 48 heures avant la rentrée scolaire. Passé ce délai, la Ville pourra faire procéder d'office à l'évacuation par la force publique.

Fête de la solidarité Rennais - Migrants

Alors que l'avenir du campement est menacé, un groupe de sympathisants a fait circuler cette invitation pour partager un moment de solidarité et de convivialité avec les migrants :


Fête de la solidarité Rennais-migrants.
« Depuis le 30 juin, soixante migrants sont laissés à la rue à Rennes. Un campement de fortune a été installé depuis le 11 juillet dans des conditions très précaires. »
Vous êtes cordialement invités à passer une après midi détente (jeux de palets, pétanque...) un buffet clôturera la soirée. Les talents culinaires de chacun(e) sont appelés à s’exprimer (tartes, quiches, gâteaux, boissons, …).
N’hésitez pas à venir Dimanche 24 à partir de 16h au campement installé à Cleunay, entre l'école et les jardins familiaux pour la solidarité et le partage.
 
un après-midi très réussi qui a réuni plus de 100 personnes : voisins, amis, militants, citoyens...sont venus apporter leur soutien aux migrants menacés d'expulsion de leur campement de fortune.

jeudi 21 août 2014

La Ville de Rennes demande l'expulsion de Cleunay en urgence !




La Ville de Rennes assigne en référé les migrants de Cleunay devant le TA de Rennes pour demander l'expulsion :

Audience jeudi 21 août à 12 h devant le Tribunal Administratif de Rennes

Selon la Ville de Rennes, "l'occupation litigieuse est de nature à engendrer de graves troubles à l'ordre public". Elle justifie l'urgence à évacuer le campement en relatant l'agression à caractère raciste subie par les migrants !

A titre superfétatoire elle invoque également :

- L'entrave à l'affectation de la parcelle à l'usage public, en produisant un courriel d'une riveraine qui se plaint de ne plus pouvoir s'asseoir sur son banc…

- La salubrité publique car le campement serait non fourni en eau potable, alors que ce sont les services de la Ville de Rennes qui ont permis l'accès à l'eau potable dès le lendemain de l'occupation.

- La consommation excessive d'eau, alors que "Un toit, c'est un droit" avait proposé une convention d'occupation précaire afin d'encadrer l'occupation. 

La Ville de Rennes argue également assurer le relogement des familles avec enfants mineurs, en omettant de préciser que ce dispositif n'a été mis en place qu'après l'agression à caractère raciste et ne s'applique qu'aux familles qui n'ont pas d'OQTF (obligation à quitter le territoire).

La Ville de Rennes demande donc au président du TA d'enjoindre les occupants à quitter le terrain sous 48h et ce, sous astreinte de 150 € par personne et par jour de retard et d'autoriser le recours à la force publique si besoin…

Pas d'expulsion sans relogement !

Venez nombreux soutenir les migrants de Cleunay devant le TA à 12h demain. 

Campement des migrants à Cleunay. La justice saisie

 

Le tribunal administratif de Rennes dira lundi s'il expulse ou non les migrants installés dans un jardin public du quartier Cleunay.

La Ville de Rennes avait assigné ce midi, devant le tribunal administratif, les migrants qui occupent illégalement, depuis le mois de juillet, un jardin public du quartier de Cleunay. La Ville demandait leur expulsion, avec une astreinte de 150 euros par jour de retard. Et, en cas de besoin, le recours à la force publique.
Les migrants, de diverses nationalités, sont soutenus par l'association "Un toit c'est un droit". Leur avocate a demandé qu'on leur accorde un sursis jusqu'au 2 septembre, date de la rentrée scolaire. S'agissant d'une procédure en référé, la juge du tribunal administratif de Rennes rendra son ordonnance dès lundi.
L'audience a été suivie par une petite centaine de personnes, les migrants concernés et les militants venus les soutenir.

 Réactions des élus EELV, Ensemble/FdG et PG

COMMUNIQUE DE PRESSE - 21 août 2014

Migrants : dialoguer plutôt qu'expulser

Aujourd'hui les migrants installés sur un campement à Cleunay étaient convoqués au Tribunal Administratif pour une requête en référé demandée par la Ville de Rennes pour leur expulsion du terrain municipal. Alors qu'ils ont été victimes d'une agression et de menaces dans la nuit du 1er au 2 août, un des arguments avancés pour cette requête est le trouble à l'ordre public.
Justifier l'urgence de l'expulsion des migrants sans proposition d'hébergement au prétexte de cette agression est inacceptable. Ce n’est pas l’ordre public mais bien la sécurité des migrants et des militants qui est ici mise à mal.
Tout au long de l'été des solutions ont été formulées par l'association Un toit, c'est un Droit, toutes rejetées par la Mairie. Les élu-e-s écologistes et du Front de Gauche insistent sur le rôle que doivent jouer les responsables municipaux pour assurer la protection des personnes vulnérables. Ils rappellent également qu'il faut s’appuyer sur les associations pour apporter une réponse humaine aux migrants de Cleunay, comme le préconise la circulaire interministérielle du 29 août 2012 relative à l’anticipation et à l’accompagnement des opérations d’évacuation des campements illicites
Alors que la mairie et les associations avaient entamé une réflexion commune sur la question de l’hébergement des migrants, ce recours à la justice pour faire expulser par la force des personnes déjà à la rue, compromet le dialogue et ne règle en rien la situation des migrants localement.

Valérie Faucheux, Présidente du groupe Ensemble FdG à la Ville de Rennes
Françoise Rubion, Présidente du groupe Parti de gauche FdG à la Ville de Rennes
Matthieu Theurier, Président du groupe des élu-e-s écologistes à la Ville de Rennes