samedi 9 mai 2015

Mise au point Squat de la rue Châtillon

Les récents événements sur le squat de la rue de Châtillon et leur surexploitation médiatique nous poussent aujourd'hui à nous exprimer publiquement.

En premier lieu, nous tenons à exprimer notre totale solidarité avec le DAL 35 et à dénoncer avec la plus grande fermeté tout propos haineux tenu à l'égard de qui que ce soit. 


 


Communiqué DAL national


"Squat à Rennes : mise au point du Droit Au Logement

Le DAL a été cité sur des sites internet d’extrême droite, notamment de mouvements identitaires, à la suite de la médiatisation d’un fait divers : le squat d’une maison apparemment vide depuis plusieurs années, propriété d’une octogénaire qui dit vouloir s’y réinstaller.

Depuis quelques jours, le responsable du DAL Rennes est assailli d’appels téléphoniques à ce sujet, chargés d’insultes et de menaces, caractéristiques des pratiques d’extrême droite.

Le DAL ne connaît pas les occupants de cette maison, et ignorait cette occupation avant qu’elle ne devienne une affaire « médiatique », du fait de la situation particulière de la propriétaire et suite à une campagne alimentée par les réseaux d’ultra droite, relayée par la droite locale. L’ancien secrétaire d’État au logement député l’UMP, Marc Daubresse, a même promis de déposer une loi....

Pour mettre un peu d’ordre dans ce débat, la fédération DAL rappelle que le domicile est protégé contre son occupation abusive notamment par l’article 38 de la loi du 5 mars 2007 :

Celui ci permet au Préfet de faire expulser, sans décision de justice et en 2 ou 3 jours, « les personnes qui se son introduits et se sont maintenus dans le domicile d’autrui».

Cet article qui a été introduit par le Sénat pendant l’examen de la loi DALO, n’a pas à voir avec la procédure DALO, ni avec le « délai de 48h » évoqué dans les médias.

Pourquoi l’avocat de cette vieille dame n’a pas demandé au  Préfet d’Ile et Vilaine de mettre en œuvre cette disposition, ou n’a t’ il pas diligenté une procédure urgente, afin que la propriétaire réintègre  rapidement  sa maison?  Il est aussi surprenant  que celle ci n’ait pas donné suite aux aides proposées par la mairie de Rennes, appui juridique et relogement, en attendant l’aboutissement de la procédure, selon un communiqué de la maire de Rennes

Un toit c’est un droit !"



La vraie question posée par cette affaire est celle du droit au logement pour tous. Nous connaissons tous, dans notre entourage, des personnes, même salariées, qui n'ont pas les moyens de se loger.


Le nombre de SDF en France a augmenté de 50 % en 3 ans ! Cette situation intolérable n'épargne aucune génération, même si les jeunes sont les plus touchés. Aujourd'hui, certains sont parfois contraints de dormir dans la rue ou dans leur voiture, quand ils en ont une.


Dans le même temps, des milliers de logements restent vides, leurs propriétaires préférant spéculer sur le prix de l'immobilier. L'ordonnance de 45 prévoit la possibilité de les réquisitionner pour mettre les gens à l'abri, mais elle n'a pas été utilisée depuis plus de quinze ans : Nous ne pouvons tolérer que la protection du patrimoine immobilier soit prioritaire par rapport à celle des personnes !


Que, dans cette situation, des personnes sans toit cherchent des toits sans personne (s) est pour nous quelque chose de légitime, en parfaite adéquation avec l'esprit de la Constitution dont la référence première est le respect des droits fondamentaux.


Instrumentaliser les récents événements pour tenter de remettre en cause la mise à l'abri des personnes en détresse et le loi DALO est inacceptable !
Parallèlement, des lois existent aussi pour protéger la propriété privée : le législateur a prévu des procédures précises pour le garantir.


Dans tous les cas, c'est à la Justice de décider. En aucun cas il ne saurait être permis de faire justice soi-même, ou par des milices interposées. Les procédures légales doivent être respectées, sinon c'est la loi du plus fort et c'est totalement contraire au principe même de démocratie.


Dans l'affaire de la rue de Châtillon, on peut comprendre qu'une dame âgée soit un peu perdue dans les méandres de la justice, malgré les avertissements de la Ville de Rennes . Par contre on peut s'étonner de la promptitude de sa famille à s'exprimer avec autant de clarté devant les caméras et surtout à remercier les milices d'extrême droite pour leur aide !
L'affaire a été présentée dans la presse avec tout le pathos nécessaire pour émouvoir les gens, mais ceci ne suffit à justifier les appels à la haine sur les réseaux sociaux. Force doit rester à la raison, au calme et à la Justice.

Force doit rester également à un autre principe fondamental : le devoir de solidarité. Il faut exiger de toute urgence des mesures contre le mal-logement et faire en sorte qu'il n'y ait plus, dans notre pays, une seule personne à la rue.


lundi 4 mai 2015

Quelles solutions pour les personnes déboutées qui doivent quitter leur logement ?



Depuis quelques mois, l'Association Un Toit c'est Un droit est sans cesse sollicitée par des familles déboutées du droit d'asile, inquiètes à l'idée de devoir quitter leur logement en CADA, HUDA ou autre dispositif. 
Le temps passe, aucune solution satisfaisante ne se dessine, et l'angoisse monte.

L'association a souhaité donner rendez-vous à ces familles, pour leur permettre de mieux connaître notre association, se rencontrer, et essayer d'imaginer des actions collectives pour alerter les autorités et les citoyens sur leur situation.

Jeudi 30 avril, les familles, et aussi quelques personnes seules, ont répondu à l'invitation :  37 personnes, représentant 26 foyers, et 40 enfants. Chacune avec son histoire et son angoisse.
Ces familles ont frappé à toutes les portes sans trouver de solution. Inévitablement, elles vont solliciter le 115 qui ne pourra les satisfaire toutes, puis se tourner vers la mairie de Rennes qui risque aussi d'être débordée. 8 familles étaient absentes de cette réunion, mais sont dans la même situation, et d'autres encore peut-être que nous ne connaissons pas.

Qu'allons-nous faire avec toutes ces personnes en détresse dans les semaines à venir ? Ouvrir des squats, occuper des lieux publics comme au printemps 2012, installer un campement en ville ???


mardi 28 avril 2015

"Moi je suis avec la mariée"



C’est l’histoire d’un voyage de trois mille kilomètres, du nord de l’Italie (Milan) à la Suède, d’un groupe de Palestiniens et de Syriens ayant fui la guerre.
Pour passer les frontières blindées d’une partie de l’Europe, ils imaginent un stratagème : un faux cortège nuptial avec sa mariée et ses invités. Quel policier s’aviserait de perturber la noce en leur demandant leurs papiers d’identité ?

Raconté en prise direct, le voyage se déploie d’un pays à l’autre, se jouant des confins interdits pour devenir un film. « Io sto con la sposa » (Moi, je suis avec la mariée) est une histoire fantastique et pourtant terriblement vraie.

« Une histoire fantastique mais absolument vraie. Un acte courageux de désobéissance civile » 

http://www.focusonsyria.org/fr/moi-je-suis-avec-la-mariee-le-documentaire-de-lannee/

Anime et Tisse, RUSF 35, MRAP35, Tous pour la Syrie,  Carpes, France Palestine Solidarité et Un Toit c’est Un Droit vous invitent à la projection-débat du film documentaire « Moi, je suis avec la mariée », en présence d’un des réalisateurs, Garbiele del Grande :

Le mardi 5 mai 2015 à 19h00 - Amphi L1 (Université Rennes 2) 

Suite à la projection, un échange sera proposé avec le réalisateur et les associations MRAP35, Tous pour la Syrie et Un Toit c’est Un Droit pour aborder la réalisation du film, les politiques migratoires européennes et leurs conséquences ainsi que les moyens d’agir collectivement face à la situation.

2 autres séances sont programmées :

Le mercredi 6 mai 2015 à 20h20 - Cinéma Vers Le Large à Dinan (22)

Le jeudi 7 mai 2015 à 20h20 - Salle de l’Odyssée à Dol-de-Bretagne

samedi 25 avril 2015

Die-in en hommage aux victimes des naufrages en Méditerranée.



Texte lu pendant le die-in place de la mairie en hommage aux victimes des naufrages en Méditerranée.

Ils mourront aussi noyés dans les larmes de crocodiles

Il y a eu, il reste encore, l’océan cannibale et ses îles volcaniques, mirages des vivants.
Je suis devant ; debout sur une rive à deviner ceux qui n’arrivent plus. La route atlantique hérissée de barbelés virtuels s’est faite cul-de-sac mais les hommes n’ont pas renoncé à partir ; ils ont juste changé de mer à traverser, modifier l’itinéraire de leur improbable voyage, échangé un enfer contre un autre.

Malte, Lampedusa, je ne veux pas voir ces photos-là. Pas d’images, pas de sons. Ni voir ni entendre ; je sais déjà et j’en fais quoi ?  Pas ces cadavres anonymes dans les linceuls blancs improvisés, pas ces morts emballés dans des housses mortuaires noires, prêts pour l’autopsie d’un chaos, pas ces rescapés malvenus grelottant dans les couvertures de survie dont l’or métallique, cannibalisé par les projecteurs, rappelle que le soleil ne brille pas pour tout le monde.

 A la seule lecture des articles qui tombent en chute libre, cette lointaine horreur s’est faite mienne. L’impression qu’au lieu d’alerter, de dénoncer, de mettre en garde, de réveiller les consciences assoupies, de documenter le tumulte depuis tant d’années, j’ai participé du désastre.
Mes enfants de papier qui devaient être d’immortels veilleurs tourmentés, des appels à mieux vivre, ont rallié le bord de ce monde ; page après plage, ils regardent à travers le prisme du réel leurs frères de chair se noyer avec eux sans jamais remonter à la surface. Décidément, écrire ne suffit pas ! Juste un nécessaire, rempart sans cesse reconstruit, dressé contre l’indifférence, l’oubli et le mépris.

A quoi me sert-il de la connaitre intimement, Elle, cette jeune africaine, grosse de mille horreurs banales et d’un enfant ? Elle qui pariait sur des jours moins pires à défaut d’être vraiment meilleurs ? A quoi  sert-il que j’ai mis, comme elle dit, « ses mots dans ma bouche » ? A quoi bon le jeu de ces comédiens endossant son  rôle ainsi que celui de ses frères suppliciés afin qu’ils renaissent à chaque représentation, survivent à l’oubli, veilleurs éveillés gesticulant contre l’assoupissement ? Elle est encore là, même si elle est une autre ; Elle est la prochaine qu’on ensevelira dans un linceul de mots compatissants, 4500 signes pour archiver le désastre ; Elle est celle qui, maintenant, met à mort au lieu de mettre au monde au fond d’une barque folle dont personne n’entendra jamais parler ; Elle est l’inconnue, l’inaudible, l’invisible qui ne manquera pas à un appel jamais fait. 

Oui, la question migratoire est cruciale, plus que jamais peut-être car les boucs émissaires sont de plus en plus lourdement chargés et la mondialisation de l’ignominie encore plus forte que celle de « l’indifférence ». 


 En temps de guerres comme en temps de paix, qu’entend-t-on de la souffrance muette des « boucs en partance » devenus boucs en errance puisqu’ils n’arrivent pas, ou si peu, ou si mal car si mal accueillis – centre de rétention administrative, fichage, arrachage d’empreintes, déni de minorité, refus d’asile, files d’attente interminables devant des préfectures dont le service étranger se spécialise dans le non accueil – ; qu’entend-t-on de leur désespoir discret quand seule la mort les rend visibles, un temps très court, dans quelques brèves ? Parfois en partance dès avant naitre ou à l’aube de leur existence, leur odyssée n’a en fait ni début ni fin. Les migrants de tout poil, ces voyageurs de tous sexes avançant en tous sens sont devenus des fardeaux que l’Occident voudrait cantonner derrière ses lisières comme on tentait de maintenir les loups et les ogres au plus profond des noires forêts médiévales. Malheur à celui qui pointe son nez à l’orée de notre monde faussement ouvert.

Le bord du précipice est là, charnière entre un espace terrestre, sables et cailloux caressés d’épines, et un espace maritime tellement surveillé que des pêcheurs refusent de prêter secours aux malheureux qui sombrent : ils risqueraient d’être accusés d'aider des clandestins et tomberaient ainsi sous le coup de la loi inique et carnassière ; un espace tellement surveillé qu’on sait que ce no children’s, no woman’s, no man’s land est devenu le plus grand cimetière marin. Les sirènes ont changé depuis les temps homériques, celles qui entonnent leurs lugubres mélopées ont la peau sombre et des cheveux crépus, tressés-collés sur le crâne, algues brunes qu’elles s’arrachent par poignées. Leurs reflets gris nagent pour l’éternité entre deux eaux n’effrayant que les plongeurs sous-marins car, à la surface, nous ne voyons pas plus les vivants que les morts. 
Un drame un peu plus visible que les précédents et on annonce une « journée de pleurs » ; une journée et des larmes contre plus de vingt mille absents, certainement bien plus. Et combien pour tous ceux à manquer qui sont déjà en marche ? pour les autres naufrages annoncés ? combien de larmes taries avant d’avoir jailli ?  Déjà versées pour solde de tout mécompte ! 

Oui, j’entends parler de corridors humanitaires, de règles sécuritaires, de Frontex, de surveillance aux frontières, de présence militaire et j’imagine les crocodiles qui hantent ces eaux-là en embuscade, vaguement ensommeillés ou veillant prêts à punir, à surgir, à refermer  le piège de leurs mâchoires sur la chair tendre des songes, à ramener le rêveur imprudent sur sa rive, mort ou vif.
Oui, on nous dit les insurrections, les conflits, la faim, le rêve à portée d’antenne parabolique, mais pourquoi ne parle-t-on pas davantage de l’ordre inéquitable du monde qui broie les humains et les met sur les routes du néant seuls ou en hordes déterminées et silencieuses ?

Ces images que je ne veux pas regarder existent et défilent sur les écrans, tournent en boucle, même, avant de s'effacer devant celles d'un autre drame qui ne manquera pas d'arriver. Les sons du sinistre se bousculent à la radio, marche funèbre pour une humanité moribonde. S'indigner, pleurer puis oublier ; passer à autre chose. Notre faculté d'occulter ou de nous accommoder m’est insupportable et je demeure en rage au milieu de mes frères et sœurs rescapés et inconsolés. Nous ne pouvons ignorer que s’ils ne sont pas morts une première fois, ils périront par l’oubli ou noyés dans les larmes des crocodiles, comme leurs semblables infortunés.

Rivage atlantique, Octobre 2013
Nathalie M’Dela-Mounier
(Écrivain)



jeudi 23 avril 2015

POUR QUE LA MÉDITERRANÉE NE SOIT PLUS UN CIMETIÈRE MARIN !

Communiqué - Le 22 avril 2015.

Plus de 1000 personnes ont péri noyées en Méditerranée en quelques jours.
Depuis 2000, ces naufrages ont fait 22 000 victimes selon les estimations, dans l'indifférence quasi-générale une fois l’émotion passée et l’information digérée. 90 % des corps ne seront jamais identifiés. Parmi ces cadavres anonymes, des milliers d'hommes, de femmes, d'enfants fuyant des zones de conflit où les droits humains sont bafoués , fuyant misère et l’absence de perspectives d’avenir auxquelles personne n’est condamné, fuyant une assignation à résidence de fait, inique et inéquitable !
Cette tragédie n'est PAS une fatalité. C'est une guerre qui ne dit pas son nom contre les boucs-émissaires du désordre du monde. L'agence FRONTEX, bras armé de l'Europe forteresse, porte une lourde responsabilité dans ces drames humains.
Une semaine après le drame qui a coûté la vie à 800 migrants, nous appelons à
un rassemblement samedi 25 avril à 15h, place de la mairie à Rennes,
pour protester auprès du gouvernement français et de l'Union Européenne contre la tragique incurie des politiques migratoires européennes.
A l'appel du "Collectif pour une autre politique migratoire" qui se réunira à la même heure à Strasbourg, l’événement prendra la forme d’un « die-in », c’est-à-dire que les participants sont conviés à s’allonger sur le sol pour évoquer la mort, en hommage aux victimes. Les participants sont également invités à porter un brassard noir.
Signatures : Le MRAP 35 – RESF 35 – Un toit, c'est un droit – le Conseil des Migrants – le CCFD – l'APIR (Asso pour intégration des réfugiés) - le CADTM (comité pour annulation de la dette dans le monde) – AFPS Rennes – La Cimade Rennes – EELV Rennes...


Contact : Carole Bohanne 06 48 26 61 40

Concert de soutien pour une famille géorgienne



Concert de soutien au profit de la famille R. , un couple de demandeurs d'asile géorgiens avec 3 enfants âgés de 7 ans, 5 ans et 4 mois. Ils vivent à Saint Pern depuis 2 ans et demi et sont en attente d'une demande de titre de séjour auprès de la Préfecture d'Ille et Vilaine. Ce concert, organisé par leur comité de soutien, est destiné à mobiliser le public sur la situation de cette famille et à récolter des fonds pour l'aider financièrement. 

dimanche 19 avril 2015

Ciné débat à L'Arvor



Film "L'Abri" de Fernand Melgar  (Suisse - 2015 - 1h41)
Jeudi 23 avril à 20h00 au cinéma l'Arvor. 

Un hiver au coeur d’un hébergement d’urgence pour sans-abris à Lausanne. A la porte de ce souterrain méconnu se déroule chaque soir le même rituel d’entrée qui donne lieu à des bousculades parfois violentes. Le personnel a la lourde tâche de « trier les pauvres » : femmes et enfants d’abord, hommes ensuite –de tous horizons, et de plus en plus d’Europe… Alors que la capacité totale de l’abri est de 100 places, seuls 50 « élus » seront admis à l’intérieur et auront droit à un repas chaud et à un lit. Les autres savent que la nuit va être longue.

Regardant à la fois le personnel et les "demandeurs d’asile", sans juger, mais avec une récurrence obstinée et une rigueur aiguë des cadres, Fernand Melgar parvient à dessiner des trajectoires.

Isabelle Danel (Première)

Fernand Melgar filme, bien en face, les deux côtés de la barrière : les travailleurs SDF s'abîmant à vue d'oeil, mais aussi les veilleurs triant les pauvres au pifomètre, la mort dans l'âme.

Mathilde Blottière (Télérama)

A l’issue de la projection, rencontre sur le thème :

 « l’hébergement d’urgence : un droit fondamental bafoué »

Séance mise en place en collaboration avec le MRAP 35, un Toit c’est un droit, la L.D.H, la Fondation Abbé Pierre et la FNARS (La Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion).
Prévente des billets à partir du mercredi 22 avril.
Séance unique : Jeudi 23 avril à 20h00 au cinéma l'Arvor.

samedi 11 avril 2015

Évacuation d'un squat et nouvelle réquisition.

Une évacuation réussie


Le jeudi 9 avril s'est déroulé l'évacuation "négociée" de l'immeuble situé 23 rue Quineleu, occupé depuis le 8 janvier 2014 successivement par plusieurs familles.



Après des mois d'occupation, il restait 5 familles dans ce bâtiment qui ont toutes été relogées par la Ville de Rennes, propriétaire du bâtiment, dans 3 lieux différents :
  1. Un pavillon situé au 24 rue Louis Armand pour 2 familles (11 personnes).
  2. Un pavillon situé au 130 Boulevard de Vitré pour 2 familles (11 personnes). 
  3. Un appartement situé au 23 rue de Guyenne pour 1 famille (5 personnes). 
Soit 27 personnes relogées : 16 adultes et 11 enfants. 

Les conditions de relogement des occupants ont été négociées sur la base d'une convention de mise à disposition de ces bâtiments  pour une durée de 6 mois renouvelable une fois. 
L'accompagnement de ces familles est effectué par "Un toit, c'est un droit", le DAL 35 et la Ville de Rennes. 


Une nouvelle réquisition

Le vendredi 10 avril, des demandeurs d'asile majoritairement somaliens, ont officialisé l'ouverture d'un nouveau lieu situé 112 rue de la Chaussairie, au lieu-dit "La Belle Épine", sur la commune de Chartres de Bretagne. 



Philippe Bonnin, maire de la commune, est venu sur place rencontrer les occupants. Après quelques échanges avec les demandeurs d'asile, il les a autorisés à se maintenir provisoirement dans les lieux à condition de ne pas accueillir pour l'instant de nouveaux occupants. Le maire a fait rétablir l'eau dans la maison, en attendant d'étudier une proposition de convention d'occupation avec "Un toit, c'est un droit". 







samedi 4 avril 2015

Lettre ouverte à Nathalie Appéré

Juste après votre élection comme Maire de Rennes, vous avez déclaré qu'il n'y aurait pas d'enfants à la rue à Rennes. Pour faire face à la saturation du 115, vous avez mis en place un système d'hébergement hôtelier, coûteux et complexe, depuis août 2014.
Le mardi 24 mars, la famille H, 7 enfants de 18 ans à 4 mois, a dû quitter le logement qu'elle occupait et s'est retrouvée à la rue. Elle s'est présenté à la permanence mise en place par la mairie... et n'a pas obtenu de solution. Ils se sont présentés à l'Abri de nuit, dispositif ouvert par la préfecture pour la période hivernale pour accueillir les SDF, de 23 h à 6 h du matin, sur des transats tellement inconfortables que les gens préfèrent dormir par terre. Le lendemain, la mère de famille, et les 2 plus jeunes ont été placés à l'hôtel par le 115, le père de famille et les 5 grands ont passé 7 nuits dans cet Abri précaire.
Le jeudi 2 avril, deuxième jour après la fin de la trêve hivernal, la famille R, deux enfants de 6 et 5 ans, n'a pas obtenu de place au 115. Elle s'est présenté à la permanence mise en place par la mairie... et n'a pas obtenu de solution. La famille a dormi dans sa voiture. Le lendemain, "pas de place" au 115, la famille H s'est à nouveau présenté à la permanence mise en place par la mairie... et n'a pas obtenu de solution, sans la moindre explication, sans même être reçue par qui que ce soit. A la veille du week-end de Pâques, elle va encore passer au moins 4 nuits à la rue.
En une semaine, 10 enfants ont connu la rue. La liste est longue des familles qui nous ont informés que leur hébergement va se terminer dans les semaines à venir. Le 115 ne pourra pas répondre à tous. Le système d'hébergement hôtelier mis en place va forcément s'enrayer de plus en plus souvent. Si la personne qui le gère n'est pas disponible, si tous les hôtels sont pleins, si la composition de la famille ou l'état de santé de ses membres ne permet un hébergement à l'hôtel, il y aura des enfants à la rue à Rennes, Madame la maire, et nous ne manquerons pas de vous rappeler vos engagements.
Armelle Bounya - Présidente "Un toit, c'est un droit"
Le 4 avril 2014.


mercredi 1 avril 2015

Mettre les gens à la rue quand il existe des lieux pour les accueillir : un très mauvais poison d'avril tous les ans !

Ce matin, une quinzaine d'adhérents et de sympathisants de « Un toit c'est un droit » et du DAL  se sont retrouvés à 5 h du matin devant l'abri de nuit pour protester contre son démantèlement aujourd'hui, du fait de la fin de la trêve hivernale. Après une courte occupation, ils ont été expulsés par les forces de l'ordre vers 6 h.



Alors que 70 places d'hébergement d'urgence existaient à l'hôtel Dieu (chauffé en permanence, avec ses petites couvertures bien pliées en 4 dans les armoires), l'État a préféré payer une société privée pour « accueillir » les sans-abris dans des préfabriqués durant tout l'hiver. Pas de lits, juste des transats, histoire qu'on ne fasse pas la confusion avec un « hébergement », fut-il d'urgence. Horaires d'ouverture : 22 h-5 h. Il y avait 21 personnes cette nuit à bénéficier de cette mise à l’abri précaire, dont 4 enfants.

Non, non, ce n'est pas un poisson d'avril ! A partir d'aujourd'hui les sans-abris devront, chaque nuit, partir à la recherche de petits coins douillets sur les trottoirs de Rennes, pendant que l'hôtel Dieu restera désespérément vide, bouclé mais chauffé aux frais du contribuable ! Cherchez l'erreur …

Vers 7 h, un représentant de la DDCSPP est venu sur place pour faire le point. À 10 h 30, nous apprenions enfin que, suite à l'occupation de ce matin, la famille serait provisoirement relogée à la Guerche de Bretagne. Toujours rien pour les célibataires.

La fin de la trêve hivernale c'est : la fermeture de l'abri de nuit, la diminution des places en hébergement d'urgence et les expulsions locatives et l’évacuation programmée de 6 squats dans l'agglomération rennaise (environ 150 personnes dont 92 enfants).

Nous invitons l'ensemble des personnes soucieuses du respect des droits fondamentaux à rester vigilantes dans les jours qui viennent pour contraindre l'État à respecter son obligation légale de protection des personnes vulnérables.



vendredi 27 mars 2015

Communiqué inter-associatif

Communiqué- le 26 mars 2015.
 Journée nationale de lutte pour le droit au logement

Comme chaque année le 31 mars sonne la fin de la trêve hivernale pour les sans-abris et les ménages menacés d’expulsion, alors que l'hébergement d'urgence est déjà saturé et laisse chaque soir à la rue plus de 200 personnes à Rennes, sans compter les nombreux SDF qui ont renoncé à appeler le 115 faute de solutions.
Dans un courrier adressé au Premier ministre le 19 mars, un collectif d'associations  de solidarité lance un cri d'alarme : "Le gouvernement n’a toujours pas pris la mesure de la crise liée à la pénurie de logements accessibles aux plus modestes et à la saturation de l’hébergement sur les territoires". Face à l'urgence,  La Ministre du logement a annoncé le 24 mars que 2000 places supplémentaires seront pérennisées au niveau national à l'issue de la trêve. Cette annonce est nettement insuffisante pour répondre aux besoins d'une population de plus en plus stigmatisée et sciemment marginalisée quand il s'agit des étrangers. 
A Rennes, c'est une quarantaine de ménages (68 adultes et 92 enfants) qui sont concernés par cette échéance, une situation sans précédent !
A la veille d'une catastrophe annoncée, nous appelons à une journée d'action le samedi 28 mars pour exiger le respect du droit au logement et à l’accueil inconditionnel, quelle que soit la situation administrative des personnes :
11 h Votation citoyenne place Saint Anne pour réaffirmer que le droit à l'habitat est un droit fondamental : pas d'expulsion  sans relogement, respect du caractère inconditionnel du droit à l'hébergement, augmentation des places en CADA...
12 h Pique-nique solidaire place de la Mairie.
15 h Rassemblement place de la Mairie pour prises de paroles des associations et départ de la manifestation en centre-ville.
17 h Retour place de la mairie où sera dressé "Un village des exclus" et représentation en plein-air de "Au pire tu traces", un docu-fiction théâtral autour des jeunes en errance présenté par "la Compagnie Caravane"

samedi 21 mars 2015

Journée nationale de lutte pour le droit au logement



Comme chaque année le 31 mars sonne la fin de la trêve hivernale, la reprise des expulsions et la diminution du nombre de places en hébergement d'urgence (115), déjà très insuffisant (73 % de réponses négatives en janvier). 
Un collectif d'association, parmi lesquelles "Un toit, c'est un droit", La Fondation Abbé Pierre et le DAL 35, organise 


une journée d'actions contre le mal-logement le samedi 28 mars 

Au programme 

11 h place Sainte Anne : votation citoyenne pour réaffirmer que le droit à l'habitat est un droit fondamental : pas d'expulsion  sans relogement, respect du caractère inconditionnel du droit à l'hébergement, augmentation des places en CADA...

12 h place de la Mairie : pique-nique solidaire ( apportez votre pique nique)

15 h, place de la Mairie : manifestation en centre-ville

16 h 30 retour place de la mairie où sera dressé "Un village des exclus" (campement éphémère) 



17 h, "Au pire tu traces", un docu-fiction théâtral autour des jeunes en errance présenté par "la Compagnie Caravane"


NOUS AVONS BESOIN DE VOTRE SOUTIEN !






mardi 3 mars 2015

2 nouvelles réquisitions



Une maison située rue du Docteur Dordain et fils à Rennes occupée depuis le 14 février 2015 
par une famille congolaise avec 8 enfants. 



Une maison située au lieu-dit "Bel Air" sur la commune de Betton occupée depuis le 20 février 2014
par une vingtaine de migrants. 

dimanche 22 février 2015

Rassemblement à Rennes pour la venue de la ministre du logement

http://www.ouest-france.fr/visite-rennes-sylvia-pinel-ministre-du-logement-attendue-lundi-3201620

Sylvia Pinel, ministre du logement 

A l'occasion de la venue du ministre du logement 
lundi 23 février à Rennes, 
nous appelons à un rassemblement à 11h au métro Clémenceau pour dénoncer le mal-logement. 




mardi 17 février 2015

Exposition/ débat "avec les sans papiers". Pacé

Un toit c'est un droit vous invite à aller voir cette exposition, dont une majorité des photos ont été prises dans les squats gérés par l'association.

vendredi 13 février 2015

Soirée ciné débat Spartacus et Cassandra

Le MRAP 35 et "Un toit, c'est un droit" animeront un débat à l'issue de la projection du film "Spartacus et Cassandra" 

Mardi 17 février à 19h45 au cinéma l'Arvor



Spartacus, jeune Rrom de 13 ans et sa soeur Cassandra, 10 ans sont recueillis dans le chapiteau-squat de Camille, une drôle de fée trapéziste qui prend soin d’eux, leur offre un toit et leur montre le chemin de l’école. Mais le cœur des enfants est déchiré entre l’avenir qui s’offre à eux… Et leurs parents qui vivent encore dans la rue.

La bande annonce : https://vimeo.com/114113253

La soirée solidaire en images







mardi 3 février 2015

Réunion publique le 19 février à 20 h à la MIR 


L'association « Un toit c'est un droit » invite toutes les personnes préoccupées par la situation des sans-abris à venir discuter à la MIR (7 quai Chateaubriand à Rennes) le 19 février à partir de 20h.


Ce sera l'occasion de faire un retour sur la situation rennaise depuis cet été et de travailler sur l'organisation d'actions d'interpellation des autorités pour la fin de la trêve hivernale fin mars.

Nuit solidaire du 12 février



34 associations nationales ont lancé un appel à une nuit de la solidarité avec les sans-abris le jeudi 12 février.


À Rennes, l'association « Un toit c'est un droit » appelle à
un rassemblement à partir de 18 h place de la Mairie.

Ce sera l'occasion d'une distribution de tracts pour informer la population et l'inviter à manifester pour le respect du droit fondamental à un logement.

Tous les modes d'expression seront les bienvenus : musique, jonglage, graphe, etc.
Nous comptons sur vous pour venir nombreux et faire circuler l'information autour de vous.

Un toit c'est un droit !




mercredi 14 janvier 2015

Le point sur les squats menacés d'expulsion

L'audience pour le squat de La Mézière, initialement prévue le 12 décembre 2014, avait été reportée à la demande de l'avocat de la Communauté du Val d'Ille, propriétaire de la maison. 
Les occupants sont convoqués
 vendredi 16 janvier à 9h devant  le Tribunal d'Instance (5e étage cité judiciaire). 

Le TA a rendu sa décision pour le squat de la maison éclusière : aucun délai accordé, le squat est en sursis...

Le juge du Tribunal d'Instance rendra sa décision pour les squats de Chantepie et Thorigné-Fouillard le 23 janvier 2015. 

mardi 13 janvier 2015

Le squat de la maison éclusière vu par Alter1fo.com



Au bord du canal Saint Martin, le squat de la dernière chance

© OuestFrance (08 Juillet 2014)
Avec les rires des enfants jouant dans la cour, le linge étendu sur quelques fils de fortunes et l’odeur de café encore chaud, la vie semble avoir repris ses droits à la maison éclusière, près du canal Saint Martin. Le lieu appartenant au Conseil Régional était inhabité depuis bientôt deux ans.
Mais derrière cette première impression plutôt bucolique se cache un univers moins rose. En effet, quatre familles migrantes en situation de demande d’asile cohabitent dans ce bâtiment. Toutes ont été contraintes de quitter précipitamment leurs pays d’origine laissant derrière elles une  partie de leur vie passée: famille, travail, souvenirs…La maison éclusière est l’ un des derniers squats ouverts par l’association hyperactive et militante « un toit c’est un droit » depuis juin 2014. La vie à l’intérieure n’y est finalement qu’en sursis : entre attente et espoir.
Pour rappel, il y a pile un an, le squat de l’Eglise Saint-Marc à Villejean était évacué. Une solution de relogement avait alors été trouvée pour beaucoup de migrants mais pour une durée limitée : jusqu’à fin mars pour les célibataires, fin juin pour les familles et puis après… rien.  « Certains migrants ne rentraient pas dans le dispositif. Mais on avait la garantie que les familles avec des enfants scolarisés seraient à l’abri jusqu’en juin », indiquait alors à l’époque Carole Bohanne, de l’association Un Toit c’est un droit.
Fin juin 2014, certaines familles se retrouvent de nouveau sans solution d’hébergement. Après l’organisation d’ un campement sauvage place de la mairie pour dénoncer leur retour à la rue, l’association « un toit c’est un droit » a ouvert le squat de la maison éclusière pour y reloger les familles les plus vulnérables, celles avec des enfants en bas âge et qui arrivent au bout de leur parcours administratif (expiration du délai pour leur demande d’asile, notamment).
Pourtant, l’association l’affirme « l’illégalité n’est pas une finalité ». Dès qu’elle en a la possibilité, des conventions avec des communes sont mises en place : exemple à Bruz où des logements vacants sont mis à sa disposition. Mais il s’agit trop souvent d’exceptions.
Issus de la République Démocratique du Congo, d’Arménie, du Kurdistan ou bien encore de Libye, ils sont donc en tout une vingtaine à cohabiter dans cette petite demeure : salle de bain et cuisine en commun, les chambres et le salon transformés en appartements.
Carole Bohanne, de l’association « Un Toit c’est un droit » : « Aujourd’hui, les familles ne subissent pour l’instant aucune mesure d’éloignement mais elles sont en bout de course… leurs demandes d’asile arrivent bientôt à échéance. Elles sont dans une phase de recours auprès de la cour nationale du droit d’Asile »
Si la situation des migrants est particulièrement tendue à Rennes, c’est que depuis 2008 et la régionalisation de l’accueil des étrangers, la ville détient la seule borne Eurodac de Bretagne qui enregistre les empreintes digitales des demandeurs d’asile. Cette borne a pour objet de contribuer à déterminer l’État membre qui est responsable de l’examen d’une demande d’Asile. Rennes est donc un passage obligé pour les migrants arrivés en Bretagne : Rennes a connu par exemple une hausse des demandes de plus de 60 % entre 2009 et 2010.  Les places en centre d’accueil de demandeurs d’asile (Cada) au nombre de 399 places réparties sur 3 sites en Ille-et-vilaine en 2013 sont vite saturées.
Une deuxième borne Eurodac serait en projet en Bretagne même si la préfecture ne nous l’a ni infirmée, ni confirmée malgré nos relances. M. Bernard Cazeneuve, ministre de l’intérieur répondait d’ailleurs sur le sujet à Nathalie Apperé, le 9 octobre 2014, qu’il serait « plus efficace de mettre en place, comme cela est prévu dans le projet de loi sur l’asile, un hébergement plus directif, afin d’éviter que les demandeurs d’asile ne se concentrent dans certaines villes, comme Rennes…plutôt que de multiplier les bornes Eurodac.»
©sp35.org  Collectif de soutien aux personnes sans-papiers de Rennes –
©sp35.org Collectif de soutien aux personnes sans-papiers de Rennes 
Les conditions d’accueil des migrants à la préfecture de Rennes sont régulièrement dénoncées par les associations et les collectifs qui leur viennent en aideDepuis quelques années, la politique de la préfecture d’Ille-et-Vilaine à Rennes s’est considérablement durcie selon l’association « Un Toit c’est un droit » qui n’hésite pas à dire que celle-ci se comporte comme une « fabrique de sans papier » : 
Carole Bohanne, de l’association « Un Toit c’est un droit » : « A Rennes, l’arrivée de Hollande s’est accompagnée d’un nouveau secrétaire général à la préfecture, Claude Fleutiaux (parti depuis juin 2014) qui a durci les conditions d’accueil des migrants. Aujourd’hui, il y a plus d’expulsion, moins de régularisation et la préfecture de Rennes est devenue une fabrique de sans papiers : des gens qui avaient leurs papiers en 2012, qui étaient parfaitement intégrés, qui travaillaient les ont perdus …»
© Ouest-France 27 décembre 2014
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Au 31, rue Armand-Rébillon, la vie s’organise tant bien que mal, la cohabitation fonctionne parfaitement même dans ces conditions sommaires. Les familles ont d’ailleurs connu bien pire à leur arrivée en France : la rue, les squats, les hébergements d’urgences du 115, les refus….
Carole Bohanne, de l’association « Un Toit c’est un droit » : « Dilara(1) de nationalité Kurde de Géorgie a été placée en centre de rétention après un contrôle au niveau de la gare. : cela a été un traumatisme de plus ajouté à son histoire personnelle. Elle a assisté la-bas à l’expulsion d’une famille tchétchène particulièrement violente. Elle a finalement été libérée in-extrémis. Ensuite, c’est son propre fils (ndlr : majeur) qui a été arrêté et qui a failli être expulsé. Seul. »
Carole conclura par une malicieuse boutade « Avoir des pièces séparées, l’eau chaude et le chauffage, c’est un peu un squat de luxe ». Pirouette pour dédramatiser sans doute la lettre d’EDF reçue le jour de notre visite menaçant de couper l’électricité prochainement.
Des étudiants de l’association Igr Entr’Aides viennent aussi régulièrement leur rendre visite et proposent certaines animations aux enfants notamment des cours de Français. Pour la nourriture et autres besoins de première nécessité, le secours populaire et les restos du cœur se montrent toujours disponibles.
Anouch(1) (Arménienne) : « Nous connaissions les autres familles depuis Saint Marc, nous sommes devenus amis. Tout se passe bien, nous nous aidons par exemple quand quelqu’un n’a pas eu le temps de préparer à manger, nous lui offrons un peu de notre repas. Mon souhait serait de rester ici en France, à Rennes, j’aime cette ville, mes enfants aussi. »
Malgré une certaine routine qui s’installe, l’accalmie sera de courte durée puisqu’une décision du tribunal vient d’ordonner l’évacuation du squat. Le Conseil Régional, propriétaire de la bâtisse, semble vouloir respecter la trêve hivernale en accordant un sursis supplémentaire. En 2012, Nathalie Appéré déclarait son insatisfaction « de la politique d’immigration de l’ancien gouvernement », tout en interpellant Manuel Valls (encore ministre de l’Intérieur à l’époque)  « sur les nécessaires évolutions de la politique de l’asile et ses conséquences particulières sur le territoire rennais ».
Nathalie Appéré : « Il faut bien faire la différence entre la politique de l’immigration et la politique de l’asile. Toute personne doit trouver accueil et asile, c’est dans les gènes du pays des Droits de l’homme… »
Lors du dernier conseil municipal en décembre 2014, l’association a renouvelé son souhait de voir la municipalité rennaise souscrire à leur proposition de conventionnement, permettant la mise à disposition de bâtiments publics ou privés inoccupés, palliant ainsi certaine défaillance et manquement de l’Etat.
(1) Prénom modifié volontairement.

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Sur alter1fo.com, nous nous intéresserons cette année aux questions relatives à l’exil qu’il soit choisi ou bien subi. Nous tenterons d’aller à la rencontre de ces personnes migrantes pour comprendre  leurs parcours, leurs périples, leurs souhaits et à travers eux, les migrations qui ont eu lieu au fil du temps à Rennes. Derrière les statistiques sur l’immigration que nos politiques aiment à manipuler se cachent bien souvent des drames humains et des vies bouleversées : réalité complexe et cruelle pour celui ou celle qui ne souhaite qu’une vie meilleure. 
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plusd1fo
©Ofpra Rapport d’activité 2013
©Ofpra
Rapport d’activité 2013

vendredi 19 décembre 2014

Rassemblement à République, samedi 20 décembre, de 14 h à 17 h, pour réclamer le droit à un logement digne pour tous.

L'association "Un toit c'est un droit" appelle à un rassemblement à République, samedi 20 décembre, de 14 h à 17 h, pour réclamer le droit à un logement digne pour tous.
Une distribution de tracts est prévue. Nous demandons à chacun de venir avec une boîte en carton que nous transformerons sur place en maison avec des marqueurs.
Des grapheurs rennais viendront exprimer leur soutien en direct.
Merci de faire circuler l'information.
rassemblement à République, samedi 20 décembre, 14h00